Publié le 14 décembre 2025 15:05:00. Une nouvelle étude éthiopienne suggère que de simples analyses sanguines pourraient permettre d’identifier plus facilement les hommes à risque de développer des symptômes graves d’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP), une affection fréquente liée à l’âge.
- Les hommes de plus de 65 ans présentent un risque deux fois plus élevé de symptômes sévères.
- Un faible niveau d’activité physique et l’obésité abdominale sont également des facteurs de risque importants.
- L’indice d’inflammation systémique (SII) s’est révélé être le marqueur sanguin le plus performant pour prédire la gravité des symptômes.
Des chercheurs éthiopiens ont mis en évidence un lien entre l’inflammation et la sévérité des symptômes de l’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP). Leur étude, menée entre août et octobre 2024 auprès de 232 hommes diagnostiqués avec cette affection, suggère que des tests sanguins simples et couramment réalisés pourraient aider les médecins à mieux cibler les patients nécessitant une attention particulière.
L’HBP, caractérisée par une augmentation du volume de la prostate, est une maladie très répandue chez les hommes vieillissants. Plus d’un tiers des participants à l’étude (84 hommes) souffraient de symptômes urinaires sévères. L’analyse des données cliniques, des habitudes de vie et des résultats d’analyses de laboratoire a permis d’identifier plusieurs facteurs prédictifs.
L’âge s’est avéré un facteur déterminant : les hommes de 65 ans et plus étaient deux fois plus susceptibles de présenter des symptômes graves. Un mode de vie sédentaire et une obésité abdominale augmentaient également significativement le risque. Cependant, ce sont les marqueurs inflammatoires qui se sont révélés les plus puissants. Des niveaux élevés de l’indice d’inflammation systémique (SII), de l’indice pan-immunitaire (PII) et du rapport neutrophiles-lymphocytes (NLR) ont presque triplé le risque de symptômes sévères.
Parmi les différents indices sanguins étudiés, le SII a démontré la meilleure capacité prédictive, avec une aire sous la courbe (AUC) de 0,736 dans l’analyse des caractéristiques de fonctionnement du récepteur, ce qui indique une discrimination modérée. Une valeur de SII supérieure à 564,92 × 10³ permettait d’identifier correctement 69 % des cas graves, avec une spécificité de 72 %. Le PII a présenté des performances similaires, tandis que le NLR était légèrement moins précis. D’autres marqueurs, comme le rapport plaquettes/lymphocytes (PLR) et le rapport lymphocytes/monocytes (LMR), se sont avérés moins utiles, en particulier le LMR.
Les analyses statistiques ont confirmé la supériorité du SII par rapport au NLR et au PLR, bien que sa précision soit comparable à celle du PII. Une analyse de la courbe LOESS a révélé une augmentation nette et non linéaire de la probabilité d’une HBP grave à mesure que les niveaux de SII augmentaient, renforçant ainsi le lien entre l’inflammation et la sévérité des symptômes.
Les auteurs de l’étude, publiée dans Scientific Reports (DOI : 10.1038/s41598-025-30765-0), concluent que le SII et le PII, peu coûteux et mesurés de routine, pourraient constituer des outils accessibles et non invasifs pour aider les médecins à prendre des décisions cliniques éclairées. Ils recommandent des recherches supplémentaires pour valider ces résultats et explorer comment ces marqueurs inflammatoires pourraient guider une approche thérapeutique personnalisée de l’HBP.
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