Home MondeLe Canada est prêt à relancer les négociations commerciales avec les États-Unis, mais un prochain engagement est probable. Examen de l’ACEUM : LeBlanc

Le Canada est prêt à relancer les négociations commerciales avec les États-Unis, mais un prochain engagement est probable. Examen de l’ACEUM : LeBlanc

by Clara Dubois

Publié le 14 décembre 2025 à 22:19:00. Le ministre canadien du Commerce, Dominic LeBlanc, a ouvert la porte à de nouvelles négociations commerciales avec les États-Unis, mais a souligné que la révision imminente de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) sera probablement la prochaine occasion d’engagement direct.

  • Les États-Unis maintiennent des droits de douane sur l’acier, l’aluminium, certaines automobiles et les armoires de cuisine canadiennes.
  • Des discussions informelles sur la réduction de ces droits de douane ont été interrompues par l’administration Trump.
  • L’ACEUM doit être réexaminé l’année prochaine, et les États-Unis pourraient envisager des accords bilatéraux séparés avec le Canada et le Mexique.

Ottawa est prêt à discuter d’un accord commercial avec Washington si cela profite aux deux pays, a déclaré le ministre canadien du Commerce, Dominic LeBlanc, dimanche. Cette ouverture intervient alors que les trois pays d’Amérique du Nord se préparent à revoir l’ACEUM, un accord crucial qui protège le Canada de nombreux tarifs douaniers imposés par l’administration américaine.

« Si, au cours de ces échanges, les Américains voient une opportunité de parvenir à un accord qui serait dans leur intérêt et dans l’intérêt économique du Canada, bien sûr, nous sommes tous impliqués et prêts à travailler là-dessus », a affirmé M. LeBlanc.

Malgré l’existence de l’ACEUM, les États-Unis continuent d’imposer des droits de douane de 50 % sur les exportations canadiennes d’acier et d’aluminium, ainsi que des droits de douane de 25 % sur certaines exportations d’automobiles et d’armoires de cuisine. Des pourparlers avaient été engagés pour réduire ces tarifs, mais ils ont été brusquement interrompus en octobre dernier, suite à une campagne publicitaire télévisée financée par le gouvernement de l’Ontario.

Selon M. LeBlanc, le Canada pensait faire des progrès avec les Américains et les discussions auraient fini par porter sur les automobiles et le bois d’œuvre résineux. Cependant, l’ancien président Trump « a décidé de suspendre ces négociations. C’est regrettable », a-t-il ajouté.

L’ambassadrice du Canada aux États-Unis, Kristen Hillman, a minimisé les signaux récents de l’administration américaine concernant une éventuelle rupture de l’ACEUM. Elle a déclaré qu’elle n’avait « reçu aucune indication de la part des États-Unis selon laquelle ils souhaitent modifier les fondements de cet accord ».

« Je ne pense pas que ce soit une source d’inquiétude », a-t-elle affirmé. « Une relation commerciale stable, prévisible, ouverte et gérable entre nos trois pays est essentielle à la prospérité de chacun. C’est ce qui me donne confiance dans la pérennité de ce traité. »

Une femme aux cheveux bruns, vêtue d’un costume rouge, se tient près du bâtiment du Capitole américain.
L’ambassadrice du Canada aux États-Unis, Kirsten Hillman, qui est également la principale négociatrice commerciale d’Ottawa avec Washington, affirme n’avoir reçu aucune indication de la part de l’administration américaine selon laquelle elle souhaite modifier les principes fondamentaux de l’accord Canada-États-Unis-Mexique. (Jennifer Chevalier/CBC)

Les trois pays doivent indiquer d’ici le 1er juillet 2026 s’ils souhaitent prolonger l’ACEUM, renégocier ses termes ou le laisser expirer. En vertu de la loi américaine, le principal négociateur commercial de l’administration américaine doit soumettre un rapport au Congrès d’ici le 2 janvier 2026, exposant les intentions de l’administration concernant cet accord.

M. LeBlanc a reconnu les déclarations publiques de responsables américains, mais a précisé que les discussions en privé étaient « beaucoup plus rassurantes » quant à l’issue du réexamen de l’ACEUM. « Il ne s’agit pas d’une renégociation, mais d’un réexamen. Nous espérons que les Américains maintiendront leur position », a-t-il déclaré.

Poilievre critique Carney sur les négociations commerciales

Dans une entrevue accordée à Rosemary Barton de CBC dimanche matin, le chef conservateur Pierre Poilievre a critiqué le premier ministre Mark Carney pour sa gestion des négociations commerciales avec les États-Unis. Il a affirmé que le premier ministre s’était présenté comme la personne la plus compétente pour cette tâche, mais qu’il n’avait pas tenu ses promesses.

M. Poilievre a déclaré que le Canada devait négocier en position de force, ce qui implique d’approuver des projets de ressources naturelles visant à augmenter les exportations de pétrole et de gaz vers les marchés étrangers, afin de réduire sa dépendance à l’égard des États-Unis.

« Et ensuite, vous pouvez vous asseoir avec le président et lui dire : ‘Écoutez, nous vendons maintenant nos ressources aux Asiatiques et aux Européens’ », a déclaré M. Poilievre. Il a également accusé le gouvernement libéral d’entraver ces projets.

En réponse, M. LeBlanc a souligné que le gouvernement fédéral avait conclu un accord avec le gouvernement de l’Alberta qui ouvre la voie à la construction d’un oléoduc vers la Colombie-Britannique, en échange du renforcement par l’Alberta de sa taxe sur le carbone industriel, entre autres mesures.

« Nous pensons que ce pipeline peut être pertinent sur les plans économique, environnemental et social. Mais cela représente beaucoup de travail, et nous avons encore beaucoup à faire », a déclaré M. LeBlanc. « Je ne pense pas que nous puissions nous désintéresser du succès économique responsable du secteur énergétique de l’Ouest canadien. »

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