Publié le 15 décembre 2023 14:35:00. Les conversations sur l’alimentation et le poids deviennent de plus en plus délicates avec l’adolescence, et les parents peinent souvent à trouver les mots justes, surtout pendant les fêtes où les repas jouent un rôle central.
- Un tiers des parents trouvent difficile de discuter de nourriture et de poids avec leurs enfants adolescents.
- Moins de la moitié des adolescents prennent trois repas par jour, et de nombreux parents observent des comportements alimentaires liés à l’ennui, au stress ou à la satiété.
- Les experts soulignent l’importance d’aborder ces sujets avec bienveillance et de surveiller les signes de troubles de l’image corporelle.
À mesure que les adolescents gagnent en autonomie, notamment dans leurs choix alimentaires, les parents se sentent souvent démunis face à la nécessité d’aborder des sujets sensibles comme la nutrition. Cette difficulté s’accentue particulièrement pendant les périodes de célébration, où les repas sont souvent au cœur des festivités. Une récente enquête menée par le CS Mott Children’s Hospital de l’Université du Michigan révèle que si les parents sont conscients de leurs inquiétudes concernant les habitudes alimentaires de leurs enfants, ils manquent souvent de stratégies concrètes pour les aider à faire des choix sains.
L’étude révèle qu’un parent sur trois se dit mal à l’aise à l’idée d’évoquer la nourriture et le poids avec son adolescent, un chiffre qui grimpe à plus de la moitié chez les parents qui estiment que leur enfant est en surpoids. Cette hésitation peut être liée à la crainte de blesser l’estime de soi de l’adolescent, mais les experts mettent en garde contre le risque de laisser les comportements problématiques s’installer.
« Le poids peut être un sujet délicat chez les jeunes. Mais les parents jouent un rôle essentiel en offrant des conseils et en surveillant les comportements alimentaires préoccupants. La période des fêtes est une occasion idéale pour engager des conversations empreintes de soutien et de non-jugement. »
Susan Woolford, MD, co-directrice du Mott Poll et pédiatre Mott
L’enquête, qui a recueilli les réponses de 970 parents d’adolescents âgés de 13 à 17 ans en août dernier, met également en lumière des habitudes alimentaires préoccupantes. Seule la moitié des parents déclarent que leur adolescent prend trois repas par jour. De plus, un peu moins d’un tiers des parents observent que leur enfant mange par ennui ou par habitude, 11 % signalent qu’il continue à manger même après avoir atteint la satiété, et 10 % constatent qu’il mange pour gérer son stress. Ces comportements sont plus fréquemment rapportés par les parents qui considèrent que leur adolescent est en surpoids.
Près d’un tiers des parents indiquent également que leur adolescent n’a pas d’habitudes alimentaires régulières, tandis que 13 % signalent qu’il grignote tout au long de la journée et 9 % qu’il saute régulièrement le petit-déjeuner. Selon Susan Woolford, les horaires chargés des adolescents constituent un obstacle majeur à une alimentation saine. Entre l’école, les activités extrascolaires, le travail et les engagements sociaux, beaucoup d’adolescents se contentent de « prendre » un repas rapide quand ils le peuvent.
« Lorsque les adolescents sont pressés, ils ont tendance à choisir ce qui est rapide et facile d’accès », explique-t-elle. « Cela se traduit souvent par des collations transformées ou de la restauration rapide, qui sont généralement riches en calories et pauvres en nutriments essentiels. » Elle recommande aux parents de proposer des options saines et pratiques à emporter, et d’impliquer les adolescents dans le choix des aliments et la lecture des étiquettes nutritionnelles.
L’enquête révèle également des signes inquiétants d’une image corporelle négative : 14 % des parents ont entendu leur adolescent exprimer le sentiment d’être « trop gros », 11 % rapportent que leur enfant parle de la nécessité de suivre un régime ou de jeûner après un repas copieux, et 8 % indiquent que leur adolescent cherche à dissimuler sa silhouette sous des vêtements amples. Ces préoccupations sont particulièrement fréquentes chez les parents qui estiment que leur adolescent est en surpoids.
Les parents peuvent hésiter à aborder ces sujets de peur de nuire à l’estime de soi de leur enfant, mais éviter la conversation peut également permettre à des schémas malsains de persister. « Si les parents remarquent que leur adolescent exprime des pensées négatives répétées à propos de son corps ou adopte des habitudes alimentaires préoccupantes, il est important de consulter son médecin », conseille Susan Woolford. « Ces conversations ne doivent pas nécessairement porter sur l’apparence physique, mais plutôt sur l’énergie, la force et le bien-être général. »
Pour aller plus loin
