Édition française
En continu
---Advertisement---

Nouvelles

Rage Rooms : laisser échapper la colère, le stress et les frustrations

Publié le 15 décembre 2025 10h53. Les « salles de rage », où l'on peut défouler sa colère en brisant des objets, connaissent un succès grandissant en Suisse, attirant une clientèle majoritairement féminine à la recherche d'un exutoire…

Rage Rooms : laisser échapper la colère, le stress et les frustrations

Publié le 15 décembre 2025 10h53. Les « salles de rage », où l’on peut défouler sa colère en brisant des objets, connaissent un succès grandissant en Suisse, attirant une clientèle majoritairement féminine à la recherche d’un exutoire au stress et aux tensions émotionnelles.

  • Les salles de rage suisses voient une augmentation significative de leur clientèle féminine, représentant entre 60 et 90 % des visiteurs selon les établissements.
  • Les femmes viennent principalement pour gérer le stress, la charge mentale et les difficultés émotionnelles, tandis que les hommes recherchent davantage l’adrénaline et le divertissement.
  • Les témoignages de clients soulignent l’effet libérateur et apaisant de ces séances, certains décrivant un soulagement émotionnel intense.

Originaire du Japon, le concept des « salles de rage » – ou rage rooms – s’est répandu à travers le monde, offrant un espace sécurisé pour exprimer sa colère et ses frustrations en détruisant des objets du quotidien tels que de la vaisselle, des appareils électroniques ou des meubles. En Suisse, ce phénomène prend une tournure particulière, avec une affluence croissante de femmes.

À Mad Monkey Rage Room à Lucerne, les femmes représentent désormais environ 60 % de la clientèle, un chiffre qui concerne principalement les jeunes adultes entre 20 et 40 ans. Les hommes, quant à eux, ont un profil d’âge plus large, allant de 18 à 50 ans. « Depuis 2023, nous observons une augmentation significative du nombre de femmes », expliquent les propriétaires. « Elles constituent désormais la majorité des réservations pour des événements de groupe, comme les anniversaires ou les sorties entre collègues. »

La tendance se confirme dans d’autres villes suisses. Le Gamjo Rage Room, récemment ouvert à Zurich, compte environ 73 % de clientes, un pourcentage constant depuis son lancement, selon son propriétaire, Mattia Gambetti. C’est cependant Rage Zone Liestal, à Bâle, qui enregistre la proportion la plus élevée, avec entre 85 et 90 % de femmes, d’après Laura Pauli, sa cofondatrice.

Les motivations diffèrent considérablement entre les sexes. Stefan et Lena, les gérants de Mad Monkey Lucerne, soulignent que les femmes viennent souvent avec une intention émotionnelle précise : soulager le stress, gérer la charge mentale, surmonter des séparations difficiles, faire face à des situations professionnelles stressantes ou simplement ressentir le besoin de « lâcher prise ». L’entreprise met en avant le fait que cet espace est perçu comme sûr et non jugeant, permettant une libération des tensions.

« J’aimerais casser sa Vespa, mais cela coûterait cher. Alors je préfère réserver une séance avec vous. »

Cliente d’une salle de rage

Les hommes, en revanche, sont davantage motivés par l’adrénaline, le plaisir de l’expérience ou la simple curiosité de tester quelque chose de nouveau. Ils envisagent souvent ces séances dans le cadre d’événements d’équipe ou de sorties entre amis. Toutefois, aussi bien les hommes que les femmes soulignent l’importance de la joie, de la libération et de la réduction du stress.

Les retours des clients sont globalement positifs. Mad Monkey Lucerne entend fréquemment des commentaires tels que « Je me sens dix kilos plus légère », « Cela m’a aidée plus que n’importe quelle méditation » ou « J’ai enfin pu tout évacuer ». Au Gamjo Rage Room de Zurich, la plupart des participants décrivent l’expérience comme une véritable détente. À Rage Zone Bâle, les clients rapportent un sentiment de soulagement, de libération et d’épuisement positif.

L’exploitant de Rage Zone à Bâle raconte à quel point ces séances peuvent être chargées d’émotion. « Notre toute première cliente nous a confié que son petit ami l’avait trompée. Elle a dit : « J’aimerais casser sa Vespa, mais cela coûterait cher. Alors je préférerais réserver une séance avec vous. » De nombreuses femmes ont pleuré pendant ou après la séance, non pas à cause d’un événement particulier, mais parce que beaucoup d’émotions refoulées ont été libérées.

La gérante de la Rage Room de Zurich suppose que les femmes sont généralement plus enclines à rechercher activement un soulagement : « Les femmes d’aujourd’hui sont souvent plus chargées émotionnellement. Elles sont plus disposées à chercher des solutions lorsqu’elles ne se sentent pas bien. » Les hommes, en revanche, ont tendance à refouler leurs sentiments ou à en parler moins ouvertement.

Romina Reginold, psychothérapeute, confirme ces observations. Elle souligne que les femmes sont généralement plus socialisées émotionnellement, mais disposent souvent de moins d’occasions d’exprimer directement leurs émotions dans leur vie quotidienne. « Les hommes ont tendance à se confier plus facilement. Et ensuite, ils vont mieux », explique-t-elle. Chez les femmes, en revanche, les émotions s’accumulent souvent parce qu’elles ne sont pas toujours exprimées de manière directe.

Une salle de rage pourrait donc répondre à un besoin spécifique en offrant un espace délimité pour se défouler sans retenue. La colère n’y est ni jugée ni analysée, mais exprimée physiquement. Cet aspect physique est particulièrement important, selon la psychologue. Réguler ses émotions par le mouvement a un effet différent de celui de pleurer, de parler ou d’être réconforté.

Conseils d’une psychothérapeute

Romina Reginold préconise une approche plus consciente des sentiments. Voici quelques principes simples :

  • Donnez de la place aux émotions : Nommez-les et acceptez-les sans en avoir honte.
  • Prenez conscience : Chaque émotion, aussi intense soit-elle, finit par s’apaiser.
  • Développez des stratégies pour réguler l’intensité : Cela peut se faire physiquement, par exemple en frappant un oreiller ou en appliquant un glaçon sur votre peau pour envoyer un signal différent à votre corps.

Comment gérez-vous personnellement le stress ou la colère ?

Que pensez-vous du nouveau design ?

Nouveau design, nouveau logo et nouvelles fonctionnalités : nous avons entièrement revu l’application 20 minutes et le site Internet. Est-ce réussi ? Veuillez nous faire part de votre opinion honnête ici. Vos commentaires nous aideront à améliorer encore 20 minutes.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.