Home Nouvelles«Il n’y a pas 10 millions de Suisses!» – Le Parlement recommande le rejet de l’initiative de l’UDC sur l’immigration – Actualités

«Il n’y a pas 10 millions de Suisses!» – Le Parlement recommande le rejet de l’initiative de l’UDC sur l’immigration – Actualités

by Nicolas Lefèvre

Le Conseil fédéral et les deux chambres du Parlement suisse recommandent aux citoyens de rejeter l’initiative populaire de l’UDC visant à limiter la population du pays à 10 millions d’habitants d’ici 2050. Cette initiative, jugée dangereuse pour la prospérité suisse et ses relations avec l’Union européenne, a été rejetée par le Conseil des États par 29 voix contre 9, avec 6 abstentions.

L’initiative « Non à 10 millions de Suisses », officiellement intitulée « Initiative pour un développement durable », prévoit de plafonner la croissance démographique. Si la Suisse dépassait les 9,5 millions d’habitants avant 2050, le Conseil fédéral et le Parlement seraient tenus de prendre des mesures. Le non-respect de cette limite deux ans plus tard entraînerait la résiliation de l’accord sur la libre circulation des personnes avec l’UE.

Les opposants à l’initiative mettent en garde contre les conséquences économiques d’une telle décision. Ils soulignent l’importance de la voie bilatérale avec l’UE pour l’accès au marché européen et la prospérité suisse. Par ailleurs, ils craignent que la Suisse ne puisse plus participer aux accords de Schengen et de Dublin, ce qui pourrait entraîner une augmentation des migrations irrégulières et des demandes d’asile.

Lors du débat au Conseil des États, Tiana Angelina Moser (PLR/ZH) a rappelé que 45 % des médecins travaillant dans les hôpitaux suisses sont diplômés de l’étranger, soulignant la dépendance du pays à la main-d’œuvre étrangère.

Seuls les conseillers fédéraux de l’UDC et Mauro Poggia (MCG/GE) ont soutenu l’initiative. Esther Friedli (SG) a plaidé pour une approche plus ferme face à ce qu’elle qualifie d’« immigration excessive », estimant qu’il est nécessaire de renégocier les accords existants et d’adopter de nouveaux instruments de contrôle.

Le conseiller fédéral Beat Jans a déclaré que l’initiative ne résout aucun problème, mais en crée de nouveaux. « Si quelqu’un a un problème, vous ne pouvez pas simplement le cacher, vous devez résoudre le problème », a-t-il affirmé, soulignant que des experts travaillent déjà quotidiennement à résoudre les défis liés à l’aménagement du territoire et à l’immobilier.

Le Conseil fédéral a également souligné que les nouveaux accords bilatéraux avec l’UE incluent une clause de protection qui permet à la Suisse de freiner l’immigration sans compromettre la voie bilatérale.

Plusieurs propositions de contre-projets, notamment des restrictions à l’immigration, une taxe sur l’immigration et la possibilité d’un vote séparé sur la fin de la libre circulation des personnes, ont été rejetées par le Conseil des États. Christine Wanner, rédactrice en chef de la SRF Bundeshaus, a noté que le rejet de ces contre-projets augmente le risque que l’initiative soit acceptée par le peuple, comme ce fut le cas pour l’initiative « Contre l’immigration de masse » en 2014.

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