Publié le 16 décembre 2025 06:31:00. L’industrie automobile allemande traverse une crise sévère, avec une chute spectaculaire de ses bénéfices au troisième trimestre. Cette baisse de rentabilité s’inscrit dans un contexte mondial de difficultés, exacerbé par la concurrence croissante en Chine et les mutations du marché vers les véhicules électriques.
- Les constructeurs automobiles allemands ont vu leurs bénéfices d’exploitation chuter de 76 % au troisième trimestre, un niveau inédit depuis la crise financière de 2009.
- Les 19 principaux constructeurs automobiles mondiaux ont enregistré une baisse combinée de 37 % de leurs bénéfices avant intérêts et impôts.
- Le marché chinois, en pleine transition vers les véhicules électriques et les marques locales, représente un défi majeur pour les constructeurs allemands.
Les constructeurs allemands Volkswagen, BMW et Mercedes-Benz ont subi un contrecoup brutal au troisième trimestre, voyant leurs bénéfices d’exploitation (EBIT) s’effondrer de 76 %. Un recul sans précédent depuis la crise financière de 2009, alors que leurs ventes et revenus sont restés globalement stables. Cette situation illustre une érosion significative de leur rentabilité.
Cette tendance négative ne se limite pas à l’Allemagne. Une analyse réalisée par le cabinet EY révèle que les 19 plus grands constructeurs automobiles à l’échelle mondiale ont vu leurs bénéfices avant intérêts et impôts diminuer de 37 %, atteignant leur plus bas niveau depuis 2018.
Plusieurs facteurs se conjuguent pour créer cette situation difficile, qualifiée de « tempête parfaite » par les experts. Parmi eux figurent la faiblesse du marché du haut de gamme, les politiques commerciales américaines, des taux de change défavorables, d’importants investissements dans les véhicules électriques qui n’ont pas encore généré de retours significatifs, et des coûts de restructuration élevés.
L’évolution du marché automobile chinois est particulièrement préoccupante. Les ventes de voitures allemandes en Chine ont diminué de 9 % au troisième trimestre, réduisant la part de marché des constructeurs allemands à 29 % contre 39 % en 2020. La concurrence s’intensifie, et la demande pour les voitures de luxe est freinée par le ralentissement économique. De plus, l’essor rapide des véhicules électriques favorise les marques chinoises locales au détriment des acteurs occidentaux traditionnels.
Malgré ce contexte morose, certains constructeurs parviennent à maintenir leur rentabilité. Suzuki s’est distingué comme le constructeur automobile le plus performant au troisième trimestre, avec une marge opérationnelle de 9,2 %, suivi de BMW (7 %) et Toyota (6,8 %). Cependant, la marge moyenne de l’ensemble des entreprises analysées est tombée à 3,9 %, son niveau le plus bas depuis au moins une décennie.
Face à ces pressions, de nombreux constructeurs automobiles allemands ont annoncé des plans de restructuration, impliquant notamment des suppressions de postes. Des groupes majeurs tels que Bosch, ZF Friedrichshafen, Mercedes-Benz et Volkswagen mettent en œuvre des mesures qui devraient prendre du temps à porter leurs fruits.
Si ces restructurations engendreront des coûts importants à court terme, elles visent à améliorer la compétitivité à long terme. Constantin Gall, de EY, suggère qu’un engagement continu envers les moteurs à combustion pourrait également être judicieux, étant donné que l’adoption massive des véhicules électriques tarde à se concrétiser, en particulier sur les marchés occidentaux. Il souligne que la majorité des consommateurs continuent de préférer les voitures conventionnelles et optent souvent pour des modèles hybrides.
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