Publié le 2024-02-29 10:30:00. La Commission européenne est appelée à réviser la réglementation sur la normalisation afin de mieux intégrer les nouvelles technologies numériques et les contributions du monde de l’open source, tout en préservant l’efficacité du système européen de normalisation.
- L’intégration des normes issues de consortiums open source et internationaux, après une validation consensuelle, est préconisée.
- Des alternatives industrielles aux spécifications communes pourraient permettre des solutions rapides en attendant l’établissement de normes harmonisées.
- Un accès libre aux normes harmonisées, sans compromettre la viabilité financière des organismes de normalisation européens (OEN), est souhaité.
- La création d’un pôle commun de normalisation informatique entre le CEN, le CENELEC et l’ETSI est envisagée pour réduire la fragmentation du secteur.
Le règlement (UE) 1025/2012 sur la normalisation, qui vise à assurer une coopération efficace entre les acteurs économiques et les pouvoirs publics pour l’élaboration de normes harmonisées de haute qualité au sein du Système Européen de Normalisation (SEN), montre des signes d’essoufflement face aux évolutions récentes. Des contentieux judiciaires et la pression croissante pour la normalisation des technologies numériques mettent en évidence la nécessité d’une adaptation.
Selon une note de l’organisation allemande Bitkom, le SEN reste un système performant et fiable. Toutefois, les améliorations devraient être impulsées par les entreprises elles-mêmes, avec seulement quelques ajustements législatifs ciblés de la part de la Commission européenne. Cette approche permettrait de garantir la stabilité du système tout en l’adaptant aux besoins du secteur numérique.
Plusieurs propositions concrètes sont adressées à la Commission et aux organismes de normalisation. Concernant l’intégration des normes issues de consortiums internationaux, il est suggéré de les intégrer au SEN après un processus de validation basé sur le consensus, par exemple via un PAS européen (Publicly Available Specification). Parallèlement, les procédures d’engagement de la communauté open source devraient être simplifiées. L’idée d’appels d’offres ouverts est, quant à elle, rejetée, car elle risquerait de disperser les ressources et d’affaiblir la coordination.
Pour répondre aux besoins immédiats du marché, il est également proposé d’accorder une présomption de conformité aux livrables alternatifs des organismes de normalisation. Cela permettrait à l’industrie de développer des solutions provisoires à court terme, en attendant la publication de normes harmonisées.
L’accès aux normes harmonisées est un autre point crucial. Dès qu’un système garantissant un accès libre aux parties juridiquement pertinentes des normes, sans mettre en péril la stabilité financière des OEN, sera opérationnel, ces normes devraient être accessibles en quelques clics. La publication des projets de normes pour recueillir les commentaires des utilisateurs est également préconisée.
Enfin, pour pallier la fragmentation de la normalisation numérique, il est proposé de créer un pôle commun de normalisation informatique entre le CEN (Comité Européen de Normalisation), le CENELEC (Comité Européen de Normalisation Électrotechnique) et l’ETSI (Institut Européen des Normes de Télécommunications). Ce pôle centraliserait les travaux informatiques horizontaux et fonctionnerait selon des processus ouverts, directs et transparents, adaptés aux experts informatiques et à la communauté open source. Il ne s’agirait pas d’une quatrième OEN, mais plutôt d’une plateforme de coordination des activités existantes au sein des OEN.
À ne pas manquer
