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Meurtre dans les voies nasales à Bâle : c’est ainsi que fonctionne le tueur Raphael M. (33 ans)

Bâle est le théâtre d'un procès glaçant : Raphael M., un homme souffrant de schizophrénie, est accusé d'avoir assassiné une ancienne voisine en août 2024, dix ans après un premier meurtre commis dans les mêmes circonstances. L'affaire relance…

Meurtre dans les voies nasales à Bâle : c’est ainsi que fonctionne le tueur Raphael M. (33 ans)

Bâle est le théâtre d’un procès glaçant : Raphael M., un homme souffrant de schizophrénie, est accusé d’avoir assassiné une ancienne voisine en août 2024, dix ans après un premier meurtre commis dans les mêmes circonstances. L’affaire relance les questions sur la gestion des patients psychiatriques dangereux et les limites de la thérapie.

Raphael M. (33 ans) a avoué les faits. Selon l’acte d’accusation, les meurtres de 2014 et 2024 sont directement liés, motivés par une réalité délirante et la conviction qu’il devait accomplir une « mission » imposée par des démons.

L’histoire de Raphael M. est celle d’un patient apparemment réhabilité qui a su, pendant une décennie, dissimuler ses intentions meurtrières. Après avoir tué deux femmes et grièvement blessé un homme en 2014, il a été placé en détention mineure en 2015 et interné à l’hôpital psychiatrique universitaire (UPK) de Bâle. Là, il a rapidement été considéré comme un patient modèle, « socialement acceptable » et « équilibré », sans incident notable.

À partir de juin 2019, il a bénéficié de sorties non accompagnées, puis de permissions à l’extérieur en février 2020. Il a même travaillé pendant quatre ans dans un atelier protégé, où il était apprécié pour sa motivation et sa persévérance. Pourtant, en parallèle, il nourrissait des pensées sombres et planifiait de nouveaux crimes.

Le 8 août 2024, lors d’une sortie autorisée, il a assassiné Assunta L. (75 ans) sur le Naseweg à Bâle, reproduisant les circonstances de son premier meurtre. Les experts mandatés par le canton de Bâle ont conclu que cette rechute était « inattendue » pour les psychiatres de l’UPK, mais qu’elle était, semble-t-il, prévue par Raphael M. lui-même. Des déclarations faites à sa mère en 2021, où il affirmait avoir tué la « mauvaise personne » sept ans auparavant, et des propos tenus après le crime de 2024, révélant qu’il savait qu’il devrait « corriger cette erreur », témoignent de cette planification.

L’enquête a révélé une capacité remarquable de Raphael M. à dissimuler ses symptômes et ses pensées délirantes. Il aurait tenu un journal dans lequel il décrivait en détail un monde fantastique influencé par les jeux vidéo, notamment « World of Warcraft », et ses personnages démoniaques. Bien que l’UPK ne confirme pas de lien direct entre les jeux et la violence, la commission d’experts du Concordat Pénal avait émis des réserves à ce sujet.

Le plus troublant, selon les experts, est que le mécanisme exact qui transforme la folie intérieure de Raphael M. en violence concrète reste obscur. « La réalité secondaire qui existe vraisemblablement en permanence, que M. a largement scellée et séparée de la réalité », est au cœur de son mode opératoire.

À l’issue de ce nouveau crime, les autorités bâloises ont été vivement critiquées. Le ministère public estime que Raphael M. est résistant au traitement et qu’il n’est pas responsable de ses actes. La demande de placement en garde à vue, c’est la plus grande crainte de l’accusé.

Le procès correctionnel de Bâle a débuté ce mercredi et doit durer trois jours.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.