Publié le 16 décembre 2023 20:05:00. Le nouveau ministre slovaque des Affaires étrangères, Juraj Blanár, a réaffirmé la proximité historique et les intérêts convergents entre la Slovaquie et la République tchèque lors d’une visite à Prague, tout en critiquant l’instrumentalisation politique de questions sensibles comme les décrets de Beneš.
- Juraj Blanár a souligné les liens étroits entre les deux nations et leur convergence de vues sur des enjeux majeurs tels que le pacte migratoire et la politique énergétique.
- Il a dénoncé l’utilisation politique des décrets de Beneš par certains partis d’opposition slovaques, notamment le parti Progressiste slovaque.
- La République tchèque est le premier investisseur en Slovaquie après les Pays-Bas, renforçant les liens économiques entre les deux pays.
Lors d’une conférence de presse tenue à Prague, Juraj Blanár a insisté sur la singularité des relations entre la Slovaquie et la République tchèque. Il a déclaré :
« Il n’y a pas deux autres nations aussi proches. »
Juraj Blanár, ministre slovaque des Affaires étrangères
Il a également évoqué les décrets de Beneš, un sujet sensible qui suscite des débats en Slovaquie.
Le ministre slovaque a accusé
« un certain parti d’opposition d’essayer d’abuser de ce sujet »
Juraj Blanár, ministre slovaque des Affaires étrangères
, faisant référence au parti Progressiste slovaque qui critique l’utilisation continue des décrets de Beneš par le Fonds foncier slovaque.
Au-delà des questions historiques, Blanár a mis en avant les intérêts économiques partagés par les deux pays. Il a précisé que la Slovaquie et le gouvernement actuel tchèque, dirigé par Andrej Babiš (ANO), partagent non seulement une approche similaire du pacte migratoire, mais également une vision commune en matière d’énergie. La République tchèque est le plus grand investisseur en Slovaquie, après les Pays-Bas, ce qui témoigne de la solidité des liens économiques entre les deux États.
La coopération dans les domaines de la police et de la défense a également été soulignée par le ministre slovaque. Il a conclu en réaffirmant l’importance d’une Union européenne forte :
« Il est crucial que nous maintenions une Union européenne forte. »
Juraj Blanár, ministre slovaque des Affaires étrangères
Le ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Lipavský, a quant à lui exprimé sa satisfaction de recevoir son homologue slovaque. Tomáš Macinka, collaborateur de Lipavský, a déclaré qu’il était impensable pour lui d’effectuer son premier voyage à l’étranger dans un autre pays que la Slovaquie. Il a également regretté le refroidissement des relations bilatérales sous le gouvernement précédent dirigé par Petr Fiala (ODS), qu’il juge responsable de cette détérioration.
Macinka a confirmé que la question des décrets de Beneš est un sujet commun aux deux États. Il a ajouté que les points de convergence les plus importants entre la République tchèque et la Slovaquie concernent le pacte migratoire ainsi que la politique environnementale. La partie tchèque a d’ailleurs rejeté les quotas d’émission dans une résolution adoptée mardi. Plus d’informations sur la position tchèque concernant le pacte migratoire.
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