Les recommandations vaccinales aux États-Unis connaissent une transformation significative sous l’administration Trump, avec des implications directes sur la couverture d’assurance de certains vaccins. Ces modifications, initiées par le secrétaire Kennedy, remettent en question les pratiques établies et pourraient affecter l’accès à la prévention pour des millions d’Américains.
Le Comité consultatif sur les pratiques d’immunisation (ACIP) des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) a récemment ajusté ses recommandations pour sept vaccins essentiels : méningocoque, virus respiratoire syncytial (VRS) pour adultes et enfants, grippe, COVID-19, rougeole-oreillons-rubéole-varicelle (RORV) et hépatite B. Ces changements, approuvés ou en voie de l’être par le Département de la santé et des services sociaux (HHS) ou le directeur par intérim du CDC, soulèvent des interrogations quant à la couverture offerte par les assurances, la plupart étant tenues de financer les vaccins recommandés par l’ACIP/CDC en vertu de la loi sur les soins abordables ou d’autres réglementations fédérales.
Selon une analyse détaillée, deux de ces modifications n’auront aucun impact sur la couverture, deux supprimeront l’obligation de la couvrir, tandis que trois l’élargiront. Lorsqu’une couverture est supprimée, les assureurs restent libres de continuer à prendre en charge le vaccin. L’AHIP, la fédération professionnelle du secteur de l’assurance maladie qui couvre plus de 200 millions d’Américains, a d’ailleurs annoncé que ses adhérents continueront à couvrir toutes les vaccinations recommandées par l’ACIP jusqu’au 1er septembre 2025, sans frais pour les patients jusqu’à la fin de l’année 2026. En revanche, une extension de la couverture impose aux assureurs (avec quelques exceptions) de financer le vaccin sans participation financière des assurés.
Les modifications incluent notamment une recommandation élargie pour le vaccin contre le VRS, désormais conseillé à tous les adultes de plus de 50 ans présentant un risque accru, ainsi qu’une nouvelle option pour les nourrissons contre le VRS, avec l’ajout d’un anticorps monoclonal, le clesrovimab, en complément du nirsevimab. Concernant le vaccin contre la grippe, les vaccins multidoses contenant du thimérosal ne sont plus recommandés, ce qui entraînera leur disparition du marché américain.
Pour le vaccin contre la COVID-19, la recommandation a évolué vers une approche personnalisée, privilégiant la vaccination pour les personnes présentant un risque élevé de développer une forme grave de la maladie. En ce qui concerne le vaccin RORV, l’administration du vaccin contre la varicelle seul est désormais privilégiée, remettant en question l’association RORV. Enfin, pour l’hépatite B, une approche personnalisée est également proposée pour les nouveau-nés, avec la possibilité de différer la vaccination et de réaliser des tests préalables.
Au-delà des exigences fédérales, les États ont également le pouvoir de contraindre les assureurs maladie réglementés au niveau étatique à couvrir des vaccins au-delà des recommandations minimales fédérales. En décembre 2025, huit États avaient pris cette décision, un autre autorisant son commissaire aux assurances à le faire. Cependant, ces exigences ne s’appliquent pas aux régimes d’auto-assurance des employeurs, qui couvrent la majorité (67 %) des personnes bénéficiant d’une couverture employeur.
L’administration Trump a également demandé au HHS et au CDC d’aligner les recommandations vaccinales pédiatriques américaines sur les « meilleures pratiques » des pays développés, ce qui laisse présager d’autres changements à venir. Ces modifications, en particulier celles qui limitent l’accès à la vaccination, pourraient avoir des conséquences sur les taux de couverture vaccinale, déjà en baisse aux États-Unis.
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