Home NouvellesPlan Trump, rien de fait à Doha. À Gaza, un nouveau-né meurt de froid

Plan Trump, rien de fait à Doha. À Gaza, un nouveau-né meurt de froid

by Nicolas Lefèvre

L’impasse diplomatique à Doha contraste violemment avec la dégradation humanitaire à Gaza et en Cisjordanie, où la trêve fragile est quotidiennement bafouée. Un sommet international convoqué par l’administration américaine pour discuter d’une future force de stabilisation s’est achevé sans avancée concrète, tandis que la vie des Palestiniens reste suspendue à un fil.

À Gaza, un nouveau-né de deux semaines, Khalil Abu al-Khair, est décédé des suites du froid dans un hôpital, et un bâtiment du camp de réfugiés de Shati s’est effondré, tuant un Palestinien. Ces tragédies, symptomes d’une situation désespérée, illustrent l’abandon de la population palestinienne, malgré un accord de trêve signé le 10 octobre entre Israël et le Hamas, et entériné lors d’une conférence à Charm el-Cheikh.

Les violations de cet accord se multiplient, que ce soit par le biais d’assassinats ciblés ou de la fermeture de points de passage. Pourtant, l’attention occidentale semble s’être détournée de la région. Le sommet de Doha, qui réunissait 57 pays selon l’administration américaine, a révélé l’incapacité des participants à prendre des décisions cruciales concernant le déploiement de la Force internationale de stabilisation (FIS), un projet initié par Donald Trump. Ni la composition, ni le mandat de cette force n’ont été définis.

Les pays sollicités – notamment l’Italie, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Japon, l’Égypte, le Qatar, Chypre, le Yémen du sud, le Népal et l’Ouzbékistan – ont été invités à exprimer leur intérêt pour participer à la FIS. L’épineuse question du désarmement du Hamas, exigé par Israël, suscite peu d’enthousiasme.

Lors du sommet, le président Trump a affirmé que la FIS serait bientôt opérationnelle, avec la participation de trois pays non identifiés. « Je pense que, d’une certaine manière, cela fonctionne déjà », a-t-il déclaré. « De plus en plus de pays adhèrent. » Ces affirmations n’ont toutefois pas été confirmées sur le terrain, où seule l’armée israélienne est actuellement déployée.

Le président américain a également annoncé l’ouverture d’enquêtes sur l’assassinat de Raed Saad, commandant adjoint des Brigades al-Qassam, afin de déterminer s’il s’agissait d’une des huit cents violations israéliennes, compte tenu des promesses faites aux dirigeants du Hamas par les émissaires Witkoff et Kushner (concernant notamment l’arrêt des assassinats ciblés).

Parallèlement, la Cisjordanie est plongée dans une spirale de violence sans précédent, marquée par des attaques et des meurtres perpétrés par l’armée israélienne et des colons. L’incident survenu hier à Tuqu’, un village près de Bethléem, entouré de colonies illégales, illustre cette situation. Lors d’une incursion militaire, des soldats ont ouvert le feu sur des enfants qui lançaient des pierres, tuant Ammar Sabah, 16 ans. Quelques heures plus tard, un groupe de colons armés a attaqué Tuqu’ pendant les funérailles de l’adolescent, tuant Muheeb Jibril, également âgé de 16 ans.

Bethléem a également pleuré Sakhr Zaoul, 26 ans, un prisonnier politique décédé en détention ces derniers jours. Son décès serait dû à la torture et aux coups, une pratique dénoncée par l’ONG israélienne B’Tselem, qui qualifie le système pénitentiaire israélien de « réseau de camps de torture ». Zaoul avait été arrêté en juin et placé en détention administrative, sans inculpation ni procès.

Au moins une centaine de prisonniers politiques sont morts en prison depuis le 7 octobre 2023, un chiffre probablement sous-estimé, Israël empêchant l’accès aux prisons aux institutions indépendantes et détenant secrètement des milliers de Palestiniens de Gaza.

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