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L’Irlande doit rompre ses liens avec les combustibles fossiles, selon le SEAI

by Amélie Bernard

Publié le 17 décembre 2025 00:01:00. L’Irlande a réduit ses émissions énergétiques de 16 % depuis 2018, mais peine à dissocier sa croissance économique de sa dépendance aux énergies fossiles, selon un nouveau rapport de la Sustainable Energy Authority of Ireland (SEAI), l’Autorité irlandaise pour l’énergie durable.

  • Les émissions liées à l’énergie en Irlande ont atteint leur niveau le plus bas depuis plus de 30 ans, malgré une augmentation de 10 % de la population et une hausse de 18 % de la demande d’électricité.
  • Le secteur des transports, encore alimenté à 93 % par des combustibles fossiles, représente un défi majeur pour atteindre les objectifs de réduction des émissions.
  • La consommation d’électricité des centres de données, en forte croissance, représente désormais plus de 20 % de la demande totale d’électricité en Irlande, un chiffre bien supérieur à la moyenne européenne.

Si l’Irlande a réalisé des progrès notables dans la réduction de ses émissions énergétiques, le rapport de la SEAI souligne la nécessité d’accélérer la transition vers une économie bas carbone pour respecter ses engagements climatiques. Le pays est légalement tenu de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 50 % d’ici 2030, un objectif ambitieux qui requiert des efforts considérables.

La baisse moyenne actuelle des émissions, de 2,7 % par an, est insuffisante pour atteindre cet objectif, qui exige un rythme de réduction de 5 % annuellement. Pour y parvenir, la SEAI insiste sur le développement de plusieurs leviers, notamment l’augmentation de la production d’énergie éolienne et solaire, le déploiement massif de pompes à chaleur, l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments, le développement des transports en commun et des modes de déplacement actifs, ainsi que le renforcement du réseau électrique.

Le rapport met en lumière le potentiel des pompes à chaleur, qui ont fourni l’année dernière plus d’énergie renouvelable que l’ensemble des parcs solaires et des installations photovoltaïques sur les toits. Des progrès sont également observés dans le secteur des transports, avec une baisse de 5,3 % des émissions depuis 2018, bien que le rythme de réduction reste insuffisant.

La SEAI appelle à un changement significatif dans les habitudes de déplacement, en encourageant l’abandon de la voiture individuelle au profit des transports en commun et des modes actifs, en particulier pour les trajets courts. Les investissements dans les infrastructures de transport public et actif, tels que les pistes cyclables, le service Local Link, le programme Bus Connects, ainsi que les projets DART+ et l’extension du tramway Luas, sont considérés comme des étapes positives, mais doivent être poursuivis avec des projets comme le très attendu Metrolink.

Le secteur de la production d’électricité a enregistré les réductions d’émissions les plus rapides et les plus importantes, grâce à l’abandon progressif de la tourbe, du charbon et du gaz, et à l’augmentation de la production d’énergies renouvelables. L’Irlande a également augmenté ses importations nettes d’électricité du Royaume-Uni de près de 55 % l’année dernière, couvrant plus de 10 % de ses besoins en électricité pendant 23 mois sur 24 entre octobre 2023 et septembre 2025. En juin 2025, les importations nettes représentaient près d’un quart de l’approvisionnement électrique du pays.

Le développement des fermes solaires et des panneaux solaires sur les toits a permis une augmentation de 70 % de l’électricité solaire l’année dernière, contribuant à porter la part des énergies renouvelables (éolien, solaire et autres) à 41 % de la production totale d’électricité.

Selon William Walsh, directeur général de la SEAI,

« Tout ce que l’Irlande souhaite accomplir dépend de l’énergie qu’elle utilise, et les résultats d’aujourd’hui montrent ce qui est possible. »

Il a ajouté :

« Nous faisons des progrès, et en accélérant la mise en œuvre – notamment en investissant dans le réseau et dans les infrastructures éoliennes offshore en particulier – nous pouvons faire beaucoup plus pour garantir une énergie abordable pour les foyers et les entreprises à travers l’Irlande. »

Il a également souligné l’impact positif du programme national de rénovation énergétique, qui a permis de moderniser environ 60 000 logements, améliorant leur confort et réduisant les factures d’énergie.

Le rapport attire également l’attention sur la demande croissante d’électricité des centres de données, qui a augmenté de 10 % l’année dernière et représente désormais 21,2 % de la consommation totale d’électricité en Irlande, soit sept fois la moyenne européenne (3 %). Sans la croissance des centres de données, la demande nette d’électricité en Irlande n’aurait augmenté que d’environ 5 % au cours des neuf dernières années, contre une croissance globale de 27 %.

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