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Aluminerie Alouette renouvelle son contrat électrique avec Hydro-Québec jusqu’en 2045

by Amélie Bernard

Aluminerie Alouette a officialisé le renouvellement de son contrat d’approvisionnement électrique avec Hydro-Québec, prolongeant son entente jusqu’au 31 décembre 2045.

L’accord, dont les termes ont été rendus publics mercredi dernier dans la Gazette officielle, sécurise les opérations de l’usine de Sept-Îles pour les deux prochaines décennies. Si le contrat maintient une structure de prix liée au cours mondial de l’aluminium et au taux de change, il introduit des mécanismes de réduction pour compenser les surtaxes imposées par les États-Unis sur les importations d’aluminium.

Un plafond tarifaire lié au tarif industriel L

L’une des avancées majeures de ce contrat est la mise en place d’un garde-fou tarifaire. Selon les termes du décret, le prix de l’électricité payé par l’aluminerie sera réduit en fonction des droits de douane, surtaxes et mesures tarifaires d’application générale visant les importations d’aluminium.

L’objectif est d’éviter que l’entreprise ne soit pénalisée par la volatilité des marchés. Le contrat stipule qu’Alouette ne devrait généralement pas payer un montant supérieur au tarif industriel courant, connu sous le nom de tarif L, même si le prix international de l’aluminium grimpe au point que le calcul habituel favoriserait Hydro-Québec.

Le texte prévoit également un ajustement à la baisse si les États-Unis ou l’Union européenne imposaient des mesures de représailles. Ces sanctions pourraient découler des conditions tarifaires privilégiées accordées à l’aluminerie, si celles-ci étaient jugées contraires aux règles du commerce international.

L’incertitude de Churchill Falls et l’ouverture du marché

Le contrat intègre une clause spécifique liée au dossier complexe de Churchill Falls. Le renouvellement de l’entente entre Hydro-Québec et Terre-Neuve-et-Labrador, qui arrive à échéance en 2041, pèse sur les prévisions financières du fournisseur québécois.

Si les négociations pour Churchill Falls échouent ou si le coût du renouvellement s’avère trop élevé pour Hydro-Québec, le tarif consenti à Alouette pourrait être revu à la hausse entre 2041 et la fin du contrat en 2045. Dans ce scénario, l’entreprise basculerait vers le tarif industriel courant (tarif L).

Parallèlement, le contrat prévoit une porte de sortie face à l’éventuelle libéralisation du secteur. Si le marché de l’électricité s’ouvrait à la concurrence au Québec, Alouette aurait la possibilité de mettre fin à l’entente, à condition de démontrer qu’elle peut obtenir un approvisionnement à meilleur prix auprès d’un concurrent d’Hydro-Québec.

Investissements de 1,5 milliard et capital patient

En contrepartie de ces protections, le gouvernement du Québec affirme qu’Hydro-Québec obtient un prix plus avantageux lorsque les cours de l’aluminium sont extrêmement bas ou très élevés. Actuellement, les prix de l’aluminium atteignent des niveaux records, permettant aux producteurs de dégager des profits substantiels malgré les barrières douanières américaines.

Sur le plan opérationnel, l’entreprise s’est engagée à investir 1,5 milliard de dollars dans ses installations de Sept-Îles au cours des 20 prochaines années. Toutefois, ce montant correspond aux dépenses normales de maintien des activités. L’entreprise ne prévoit aucune augmentation de sa production ni de ses effectifs sur cette période.

Le gouvernement du Québec, qui détient une participation de 6,7 % dans Aluminerie Alouette, a également accepté de reporter de 10 ans le rachat de certaines parts, témoignant d’une approche de capital patient pour soutenir l’industrie.

Équité tarifaire et recours aux réductions

Pour éviter tout sentiment de discrimination industrielle, Alouette a obtenu la garantie qu’elle bénéficierait de conditions équivalentes si des contrats d’approvisionnement plus généreux étaient signés avec d’autres alumineries.

Enfin, un décret distinct permet à Alouette, ainsi qu’à d’autres alumineries sur demande, de réclamer une réduction de leur facture d’électricité si celle-ci dépasse le calcul basé sur le prix de l’aluminium, bien que les motifs précis de ces dépassements ne soient pas détaillés dans les documents officiels.

Investissement de 1,5 milliard $ : entrevue avec le PDG d’Aluminerie Alouette | Zone économie

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