Home AffairesLe boom obligataire de 2026 : 6 fonds versant jusqu’à 14,9 %

Le boom obligataire de 2026 : 6 fonds versant jusqu’à 14,9 %

by Amélie Bernard

Les investisseurs obligataires pourraient vivre leur année la plus faste depuis longtemps en 2026, grâce à une conjoncture favorable : Washington envisage une baisse des taux d’intérêt, un soutien au secteur immobilier et une reprise de l’emprunt à bas coût. Cette perspective audacieuse pourrait propulser les rendements des obligations à des niveaux attractifs.

Jay Powell, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), a récemment annoncé deux baisses de taux d’intérêt d’ici la fin de l’année, avec la possibilité d’autres ajustements à venir. L’impact de ces décisions ne dépend pas nécessairement de la personne qui les mettra en œuvre, car la Fed semble déterminée à poursuivre cette voie, quel que soit son futur dirigeant.

L’ancien président Donald Trump a d’ores et déjà dévoilé sa liste restreinte de candidats pour succéder à Jay Powell : Kevin Hassett et Kevin Warsh. Quel que soit le choix final, les implications pour les investisseurs obligataires restent similaires.

Kevin Hassett, souvent décrit comme un partisan d’une politique monétaire souple, a toujours plaidé pour une réaction plus rapide de la Fed face à l’évolution de l’économie. Sa devise serait : « Baisser les taux, et le faire rapidement ! » Kevin Warsh, quant à lui, connu pour ses positions plus restrictives, s’est aligné sur les objectifs de Donald Trump et a même exprimé directement au président la nécessité de réduire les coûts d’emprunt.

Quel que soit le nom retenu, le marché anticipe déjà d’autres baisses de taux. Cet assouplissement monétaire attendu est perçu comme un catalyseur par les fonds obligataires, notamment PIMCO et DoubleLine, qui n’hésitent pas à recourir à l’effet de levier pour accroître leurs investissements.

L’effet de levier, qui consiste à emprunter de l’argent pour acheter davantage d’obligations, a été pénalisé par les taux d’intérêt élevés ces dernières années. En 2026, la baisse des taux devrait inverser cette tendance, transformant ce fardeau en un puissant moteur de croissance. Chaque baisse d’un quart de point de pourcentage réduit les coûts d’emprunt des fonds et creuse l’écart entre les intérêts versés et les rendements de leur portefeuille.

Parmi les fonds qui pourraient particulièrement bénéficier de cette situation, on retrouve PIMCO Dynamic Income Fund (NYSE: PDI) et PIMCO Dynamic Opportunities Fund (NYSE: PDO). Grâce à un niveau d’effet de levier plus élevé que la moyenne, ces fonds ont été plus durement touchés par la hausse des taux, mais ils sont désormais idéalement positionnés pour en profiter. PDI et PDO ont actuellement des taux d’intérêt de 5 à 6 % sur leurs lignes de crédit, et une baisse vers 3 à 4 % pourrait rétablir leur rentabilité d’antan, observée à la fin des années 2010.

PIMCO, un acteur majeur du marché obligataire, ne se contente pas d’acheter des obligations, mais exerce une influence significative sur le marché. PIMCO Dynamic Income Fund affiche un rendement impressionnant de 14,9 % avec un effet de levier de 32 %. Son fonds sœur, PIMCO Dynamic Opportunities Fund, utilise un effet de levier de 35 % et affiche un rendement de 11 %.

Jeffrey Gundlach, surnommé le « Dieu des obligations », est un autre acteur clé du secteur. Il est réputé pour sa capacité à identifier des opportunités d’investissement dans des actifs délaissés, notamment les obligations des marchés émergents. DoubleLine Income Solutions (NYSE: DSL) achète ces dettes à des prix très bas (60 à 70 cents par dollar) et profite de leur potentiel de revalorisation. La baisse des taux d’intérêt devrait favoriser le rebond de ces obligations, qui offrent également une protection contre la faiblesse du dollar américain.

DoubleLine Income Solutions affiche un rendement de 11,7 %, tandis que son fonds plus conservateur, DoubleLine Opportunité de rendement (NYSE: DTO), offre un rendement de 9,6 %. Ces fonds utilisent un effet de levier de 22 % et 15 % respectivement, des niveaux plus modérés.

AllianceBernstein Global High Income (NYSE: AWF) est un autre fonds à surveiller, car il est directement exposé à la faiblesse du dollar américain. Il détient des dettes à haut rendement du monde entier, et une baisse des taux d’intérêt tend à affaiblir le dollar, ce qui augmente la valeur des revenus des obligations étrangères une fois convertis en dollars. AWF affiche un rendement de 7,3 %.

Enfin, le marché des obligations municipales (muni bonds) offre également des opportunités intéressantes en matière d’effet de levier. Les obligations municipales, considérées comme sûres, permettent aux fonds d’emprunter pour acheter davantage d’actifs. Nuveen Municipal Credit Income Fund (NYSE: NZF) utilise un effet de levier de 41 % et affiche un rendement de 7,5 %. Pour un contribuable relevant de la tranche d’imposition la plus élevée, ce revenu exonéré d’impôts équivaut à un rendement imposable de 12,6 %, surpassant ainsi les rendements du S&P 500.

Avec des rendements allant de 12 à 14,9 %, les investisseurs n’ont plus besoin de courir après les gains potentiels de l’intelligence artificielle ou de s’inquiéter des résultats trimestriels des entreprises. La planification de la retraite devient plus simple, il suffit d’investir dans les bonnes obligations avant que les investisseurs traditionnels ne réalisent les avantages de l’effet de levier. Garantir un rendement de 14,9 % simplifie considérablement les calculs de retraite.

Divulgation : Brett Owens et Michael Foster sont des investisseurs axés sur le revenu qui recherchent des actions et des fonds sous-évalués sur les marchés américains.

You may also like

Leave a Comment