Publié le 16 février 2024 14:35:00. À Breda, une nouvelle initiative vise à offrir aux adolescents de 15 à 17 ans un espace dédié pour célébrer le carnaval, comblant ainsi un vide pour une tranche d’âge souvent négligée par les festivités traditionnelles.
- Une nouvelle fête de carnaval, organisée par la Fondation Kielegat, sera proposée aux jeunes de 15 à 17 ans à Breda.
- Cette initiative répond à un besoin exprimé par les adolescents eux-mêmes, qui se sentent exclus des carnavals pour enfants et n’ont pas accès aux pubs.
- Les autorités municipales de Breda soutiennent cette démarche et travaillent à une politique plus globale pour cette tranche d’âge.
Le carnaval de Kielegat, quartier de Breda, attire chaque année un public nombreux. Cependant, les adolescents de 15, 16 et 17 ans se retrouvent souvent dans une situation délicate : trop âgés pour les festivités destinées aux enfants, mais trop jeunes pour fréquenter les établissements proposant des boissons alcoolisées. Ils errent souvent dans le centre-ville, parfois avec leurs propres provisions, sans cadre ni surveillance.
Une étude menée l’année dernière par la Fondation Kielegat a mis en évidence ce problème. Les jeunes ont exprimé clairement leur désir de disposer d’un lieu propre, avec une ambiance et une programmation musicale adaptées à leurs goûts. Ils ne souhaitent plus se retrouver coincés entre les animations pour enfants et l’interdiction d’accès aux bars.
« Ils passent entre les mailles du filet », explique Rutger Westenburg, président de la Fondation Kielegat. « Ils n’ont pas besoin d’être sur les grandes places, qui sont trop fréquentées et difficiles à contrôler. Il est donc essentiel de créer un espace spécifiquement pour eux. »
« La consommation d’alcool, les troubles à l’ordre public et la difficulté d’informer les parents exercent chaque année une pression supplémentaire sur les forces de l’ordre et la police. »
Patrick de Leeuw, officier de police de Breda
Breda n’est pas un cas isolé. Des villes comme Den Bosch et Tilburg rencontrent les mêmes difficultés. Pendant le carnaval, les jeunes affluent vers les centres-villes, où l’accès aux boissons alcoolisées, et parfois à des substances illicites, est facile.
Patrick de Leeuw, officier de police de Breda, s’inquiète de cette situation. « Nous constatons que les jeunes traînent dans les rues, souvent avec de l’alcool », déclare-t-il. « Ce qui, bien entendu, est interdit. » Il souligne les risques liés à la consommation d’alcool chez les adolescents, qui ont tendance à repousser leurs limites et sont particulièrement vulnérables.
C’est précisément pour répondre à ces préoccupations que l’initiative de la Fondation Kielegat est jugée si importante. « Ils ont besoin d’un endroit où ils peuvent se retrouver entre pairs », souligne Patrick de Leeuw. « C’est une excellente solution d’organiser un événement spécifiquement pour eux. »
« On ne viendra pas à notre fête avec une bouteille de vodka. »
Rutger Westenburg, président de la Fondation Kielegat
La salle située à l’étage du lieu de fête De Avenue sera transformée en un espace sécurisé, avec contrôle d’accès par bracelets, toilettes privées et présence de personnel de sécurité. Rutger Westenburg insiste sur les règles : « On ne viendra pas à notre fête avec une bouteille de vodka. Et les drogues ne seront pas tolérées. »
« La fête doit devenir un refuge permanent pour les jeunes pendant le carnaval. »
Rutger Westenburg, président de la Fondation Kielegat
Pour garantir le succès de l’événement, la Fondation Kielegat a impliqué les jeunes eux-mêmes dans la préparation. D’anciens membres du groupe de jeunes agissent comme des ambassadeurs et participent à la définition de la programmation musicale, de l’ambiance et du nom de la fête. « Les attentes pour cette première édition sont modestes », précise Rutger Westenburg, « mais l’ambition est grande. Si l’initiative fonctionne, elle pourrait devenir un lieu de rassemblement permanent pour les jeunes pendant le carnaval. »
La commune de Breda soutient également cette démarche et travaille à l’élaboration d’une nouvelle politique dédiée à la tranche d’âge des 15-17 ans. « Nous sommes en train d’élaborer un plan d’action pour le carnaval », conclut Patrick de Leeuw.
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