Home SantéDémêler les mécanismes complexes à l’origine du cancer du sein pour une gestion thérapeutique plus efficace

Démêler les mécanismes complexes à l’origine du cancer du sein pour une gestion thérapeutique plus efficace

by Sophie Martin

Publié le 18 décembre 2025 05:46:00. Le cancer du sein, la maladie cancéreuse la plus fréquemment diagnostiquée chez les femmes, n’est pas une entité unique mais un ensemble complexe de sous-types, chacun nécessitant une approche spécifique en termes de prévention et de traitement. Une nouvelle étude internationale met en lumière les mécanismes biologiques impliqués et l’importance d’une prise en charge personnalisée.

  • Chaque année, plus de 2,1 millions de nouveaux cas de cancer du sein sont recensés dans le monde, soit un diagnostic toutes les 18 secondes.
  • L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a identifié au moins 19 sous-types de cette maladie, caractérisés par des profils biologiques distincts.
  • Des facteurs de risque modifiables, tels que la consommation d’alcool et l’obésité, contribuent à près de 20 % des cas.

Le cancer du sein est loin d’être une maladie uniforme. Les recherches récentes démontrent qu’il s’agit plutôt d’un ensemble de pathologies aux caractéristiques biologiques très différentes. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recensé au moins 19 sous-types, la majorité (70 à 75 %) relevant de la catégorie du carcinome invasif sans type particulier, les autres étant des formes plus spécifiques comme le carcinome lobulaire. Chaque sous-type présente un taux de progression et une réponse aux traitements distincts.

Cette diversité est liée à l’expression de récepteurs cellulaires clés, notamment le récepteur d’œstrogène (RE), le récepteur de progestérone (RP) et le HER2. Ces trois biomarqueurs constituent aujourd’hui la base de la classification moderne du cancer du sein. Par exemple, le cancer du sein luminal de type A évolue généralement plus lentement, tandis que le cancer du sein triple négatif (CSTN) est plus agressif et souvent plus difficile à traiter.

Une équipe de chercheurs de la Faculté de pharmacie de l’Université d’Airlangga, en collaboration avec des scientifiques du Pakistan, d’Algérie, de Syrie, d’Ouzbékistan et d’Arabie saoudite, a approfondi la compréhension de la physiopathologie du cancer du sein. Leurs travaux sont compilés dans un chapitre du livre Phytonutrients in the Treatment of Breast Cancer, accessible à l’adresse suivante : https://www.taylorfrancis.com/books/edit/10.1201/9781003128779/phytonutrients-treatment-breast-cancer-haroon-khan-tarun-belwal-eduardo-sobarzo-s%C3%A1nchez-muhammad-ajmal-shah.

Si certains facteurs de risque, comme l’âge et la prédisposition génétique, sont inéluctables, près de 20 % des cas de cancer du sein sont influencés par des éléments modifiables. La consommation d’alcool, l’obésité, le manque d’activité physique et l’utilisation de certains contraceptifs hormonaux en font partie. Il a été démontré que la consommation d’alcool augmente le risque de 7 à 10 % pour chaque 10 grammes d’alcool consommés quotidiennement. Chez les femmes ménopausées, l’obésité favorise une production accrue d’œstrogènes par les tissus adipeux, ce qui peut également augmenter le risque de développement de tumeurs.

Au-delà du mode de vie, le développement du cancer du sein est également lié au fonctionnement du système immunitaire, à l’inflammation, aux dommages à l’ADN, au stress oxydatif et à l’ARN. La maladie résulte d’interactions complexes entre les hormones, les gènes, le système immunitaire et les habitudes de vie. Une meilleure compréhension de ces mécanismes est essentielle pour optimiser la prise en charge et ouvrir la voie à des traitements plus ciblés, ainsi qu’à des interventions axées sur le mode de vie et la nutrition, intégrées à une approche globale de la prévention et des soins.

Auteur : Andi Hermansyah

Faculté de pharmacie, Université d’Airlangga

You may also like

Leave a Comment