Dans un discours retransmis depuis la Maison Blanche mercredi soir, l’ancien président Donald Trump a dressé un bilan de son mandat, tout en cherchant à contrer un sentiment d’insatisfaction croissant parmi les électeurs et même au sein de son propre parti républicain.
L’intervention, d’une durée d’un peu moins de 20 minutes, a pris la forme d’une auto-évaluation où M. Trump a insisté sur les progrès réalisés au cours des onze derniers mois, tout en imputant les difficultés économiques actuelles à l’administration précédente. « Il y a onze mois, j’ai hérité d’un désordre et je suis en train de le réparer », a-t-il déclaré, s’adressant principalement à sa base électorale.
Le discours a été marqué par une reprise des thèmes chers à l’ancien président : critiques à l’égard des démocrates, politiques migratoires, questions liées aux droits des personnes transgenres, et accusations de « wokisme ». Il a également vanté les bénéfices de sa politique commerciale, notamment les droits de douane, tout en minimisant leur impact sur le coût de la vie.
M. Trump a promis une prime de 1 776 dollars (environ 1 500 euros) aux militaires en service actif, en référence au 250e anniversaire des États-Unis l’année prochaine. Il a également mis en avant une politique frontalière stricte, affirmant qu’elle avait réduit les passages illégaux à leur plus bas niveau depuis des décennies.
Cependant, l’ancien président a omis d’aborder des sujets sensibles, tels que l’expiration imminente des subventions aux soins de santé, qui pourrait entraîner une augmentation des primes d’assurance pour de nombreux Américains. Par ailleurs, une tentative des républicains de la Chambre des représentants de prolonger ces subventions a échoué, malgré l’opposition de M. Trump.
Les sondages d’opinion révèlent un taux de désapprobation élevé de la gestion économique de M. Trump, atteignant 57 % selon un sondage NPR/PBS/Marist réalisé la semaine dernière. Même parmi les républicains, 30 % estiment que le pays est déjà en récession. Le taux de chômage a d’ailleurs augmenté le mois dernier, atteignant son plus haut niveau depuis septembre 2021.
L’intervention de M. Trump intervient alors que son parti est divisé sur la stratégie à adopter face aux défis économiques et politiques actuels. La représentante républicaine sortante Marjorie Taylor Greene a récemment observé que « le barrage est en train de se briser », soulignant les fissures au sein du parti.
Certains analystes estiment que le choix de prononcer ce discours témoigne de la conscience de M. Trump que la majorité des Américains ne sont pas convaincus par son bilan. Sa récente prise de position sur une affaire impliquant une légende hollywoodienne assassinée et sa femme a également suscité une vague de critiques, même parmi ses partisans les plus fidèles.