Publié le 16 mai 2024. Une nouvelle étude internationale révèle que la chirurgie cérébrale offre des résultats durables dans la réduction des crises d’épilepsie résistante aux médicaments, avec un taux de succès élevé maintenu sur plusieurs décennies.
- Près de 70 % des patients opérés ne présentent plus de crises avec perte de conscience un an après l’intervention.
- Plus de 80 % conservent une réduction significative de la fréquence de leurs crises même 30 ans après la chirurgie.
- Les chercheurs estiment que cette approche surpasse les techniques de neuromodulation et les traitements médicamenteux traditionnels.
La chirurgie de l’épilepsie s’avère une solution durable pour une proportion importante de patients souffrant d’épilepsie focale résistante aux médicaments, selon une étude de longue haleine menée par un groupe international de chercheurs, dont des experts du Chalfont Centre de l’Epilepsy Society. L’étude, qui a suivi plus de 1 000 personnes pendant une période pouvant aller jusqu’à 33 ans, constitue le suivi monocentrique le plus long jamais réalisé sur les résultats de la chirurgie de l’épilepsie.
Les résultats indiquent qu’un an après l’opération, 69 % des patients ne présentent plus de crises associées à une perte de conscience. Si ce chiffre diminue avec le temps, il reste significatif : 45 % à 10 ans, 41 % à 20 ans et 38 % à 30 ans. Parallèlement, 96 % des patients constatent une réduction d’au moins 50 % du nombre de jours de crises après un an. Ce bénéfice est maintenu pour 80 % des patients sur une période de 30 ans, un niveau jugé suffisant pour réduire le risque de décès liés à l’épilepsie.
La chirurgie de l’épilepsie est une option thérapeutique pour les personnes atteintes d’épilepsie focale résistante aux médicaments, c’est-à-dire celles dont les crises persistent malgré l’essai de deux médicaments antiépileptiques ou plus. Cependant, les chercheurs soulignent que la récidive des crises après l’opération suggère que les réseaux épileptogènes dans le cerveau ne peuvent être traités que partiellement par la simple suppression du point focal de la crise.
Selon le Dr Fergus Rugg-Gunn, responsable clinique au Chalfont Centre de l’Epilepsy Society :
« La chirurgie cérébrale peut offrir l’une des plus grandes chances d’éviter les crises pour les 30 à 40 % de personnes dont l’épilepsie focale n’est pas contrôlée par des médicaments anti-épileptiques. »
Dr Fergus Rugg-Gunn, responsable clinique au Chalfont Center de l’Epilepsy Society
Il ajoute que, paradoxalement, la chirurgie reste sous-utilisée, les patients attendant souvent de nombreuses années avant d’être orientés vers cette option. Il recommande que tous les patients atteints d’épilepsie focale dont les crises ne répondent pas à deux ou trois médicaments antiépileptiques soient évalués pour une intervention chirurgicale le plus tôt possible.
Les chercheurs envisagent désormais de combiner la chirurgie avec d’autres techniques, notamment la neuromodulation, afin de maximiser la réduction des crises et de minimiser l’impact cognitif potentiel. La reconnaissance de l’épilepsie focale comme un trouble de réseau pourrait ainsi ouvrir la voie à des stratégies chirurgicales plus efficaces à long terme.
Pour plus d’informations sur la chirurgie de l’épilepsie, vous pouvez consulter le site de l’Epilepsy Society : Chirurgie de l’épilepsie | Société d’épilepsie.
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