Publié le 18 décembre 2023 08:20:00. Au-delà de la formation professionnelle, l’éducation à la gestion du pouvoir, des conflits et de la responsabilité est essentielle pour une société démocratique, selon une experte allemande qui met en lumière l’importance de développer l’esprit critique et l’empathie dès le plus jeune âge.
- La formation ne se limite pas à l’acquisition de compétences techniques, mais doit inclure une éducation à la gestion des dynamiques de pouvoir et des conflits.
- Le projet éducatif et musical « 48 rois » vise à sensibiliser les jeunes aux mécanismes du pouvoir et à l’importance de la collaboration sans dévalorisation.
- L’éducation à la responsabilité et au respect des limites est un pilier fondamental de la démocratie.
« Il ne suffit pas de former les jeunes à un métier. L’éducation à la dignité, à la liberté et à la démocratie est indispensable », affirmait Helmut Schmidt. Cette citation, qui résonne particulièrement en cette période de fêtes où les familles et les collègues se réunissent, souligne un manque persistant dans notre société : une formation adéquate à la gestion du pouvoir et des conflits.
Trop souvent, la formation est réduite à une simple qualification professionnelle – artisanat, administration, médecine, commerce. Si ces compétences sont indéniablement importantes, elles ne suffisent pas à préparer les individus aux complexités de la vie en société. Il est crucial d’apprendre à faire face à l’agressivité, au narcissisme, à la dramatisation et à la mentalité de victime, des schémas comportementaux qui se manifestent aussi bien dans la sphère privée que professionnelle.
Sandra Weckert, experte en leadership et développeuse de projets basée à Waren (Müritz), témoigne d’une prise de conscience progressive : « J’ai longtemps pensé que ma formation dans ce domaine prenait 22 ans et aujourd’hui je sais : Cela a commencé avec ma naissance et ne sera probablement jamais « fini ». » Elle souligne que l’apprentissage de ces compétences commence dès l’enfance et se poursuit tout au long de la vie.
L’experte met en avant l’importance de ne pas prendre les comportements des autres personnellement, mais de reconnaître les schémas et les dynamiques en jeu. « Quiconque comprend cela reconnaîtra des modèles plutôt que des personnes. Dynamiques et drames », explique-t-elle. Cette prise de distance permet de passer de l’opposition à la recherche de solutions.
Les conflits publics actuels, y compris ceux observés à Waren (Müritz), illustrent la rapidité avec laquelle les discussions peuvent dégénérer en dévalorisation. Ce phénomène est souvent dû à un manque d’outils pour gérer les désaccords de manière constructive. Helmut Schmidt aurait probablement observé avec pertinence : « Une éducation politique inadéquate ne conduit pas à de meilleures décisions, mais à des décisions plus bruyantes. »
C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet éducatif et musical « 48 rois ». La musique et le jeu de rôle sont utilisés comme des outils pour aider les enfants et les jeunes à comprendre le fonctionnement des systèmes, la répartition des responsabilités et les dangers de l’abus de pouvoir. Le projet vise à développer l’empathie, l’esprit d’équipe et la capacité à collaborer sans jugement.
Les participants apprennent à identifier les conflits sans les aggraver, à accepter que les conflits font partie de la vie et à les utiliser comme un catalyseur pour le changement. Ils découvrent également que l’appréciation n’est pas un simple sentiment, mais une pratique à cultiver au quotidien.
Noël, souvent perçu comme une période d’harmonie, peut également révéler les failles d’une éducation insuffisante en matière de gestion des conflits. Là où ces compétences manquent, les tensions peuvent se ritualiser et le risque d’abus de pouvoir s’accroître. Comme le rappelle Sandra Weckert, « La démocratie ne dépend pas des attitudes, mais des comportements. »
L’éducation, véritable fondement de la responsabilité, doit permettre de reconnaître les abus de pouvoir, de respecter les limites, d’endurer les conflits et de prendre ses responsabilités. C’est une éducation holistique, qui dépasse largement les simples qualifications professionnelles, dont nous avons besoin pour construire une société plus juste et plus équilibrée.
À propos de l’auteur
Sandra Weckert vit à Waren (Müritz) et travaille comme experte en leadership, conférencière et développeuse de projets. Ses conférences et projets pédagogiques abordent depuis des décennies les structures de pouvoir, la compétence en matière de conflits, le narcissisme et la responsabilité démocratique. Avec le projet « 48 rois », elle crée des espaces expérientiels pour les jeunes dans lesquels le respect, la responsabilité et la coopération peuvent être expérimentés dans la pratique.
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