Publié le 2025-12-18 19:30:00. L’administration Trump a annoncé jeudi de nouvelles restrictions sévères concernant les soins d’affirmation de genre pour les mineurs transgenres, suscitant l’inquiétude des défenseurs des droits LGBTQ+ et des professionnels de la santé. Ces mesures, qui pourraient rendre ces soins inaccessibles dans tout le pays, interviennent après une série d’interdictions au niveau des États.
- Le ministère de la Santé et des Services sociaux (HHS) propose de nouvelles règles interdisant le remboursement fédéral des soins d’affirmation de genre pour les jeunes transgenres via Medicaid.
- Une autre règle bloquerait le financement Medicaid et Medicare pour les hôpitaux offrant de tels soins, ce qui aurait un impact majeur sur l’accès aux soins à travers le pays.
- L’Académie américaine de pédiatrie s’oppose fermement à ces mesures, les qualifiant de stigmatisantes et contraires au consensus médical.
Les responsables de l’administration Trump ont justifié ces mesures en affirmant que les soins d’affirmation de genre infligent des dommages physiques et psychologiques durables aux jeunes. Le secrétaire à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., et le Dr Mehmet Oz, administrateur de Medicare et Medicaid, ont annoncé ces restrictions lors d’une conférence de presse à Washington, D.C.
« Les soi-disant soins d’affirmation de genre ont infligé des dommages physiques et psychologiques durables à des jeunes vulnérables. Ce n’est pas de la médecine. C’est une faute professionnelle. »
Robert F. Kennedy Jr., secrétaire à la Santé
L’Académie américaine de pédiatrie (AAP) a immédiatement réagi en dénonçant ces mesures. La présidente de l’AAP, la Dre Susan J. Kressly, a déclaré que ces politiques « interprètent mal le consensus médical actuel et ne reflètent pas les réalités des soins pédiatriques et les besoins des enfants et des familles ».
Les nouvelles règles proposées prennent la forme de deux mesures distinctes. La première interdit aux médecins et aux hôpitaux de se faire rembourser par Medicaid pour les soins d’affirmation de genre prodigués aux patients transgenres de moins de 18 ans. Medicaid est le programme d’assurance maladie destiné aux Américains à faible revenu. La seconde règle empêche tout financement Medicaid et Medicare pour les services offerts dans les hôpitaux qui fournissent des soins pédiatriques d’affirmation de genre. Étant donné que la plupart des hôpitaux américains dépendent de Medicare, qui couvre les personnes âgées et handicapées, cette règle pourrait avoir des conséquences considérables.
Les partisans et les opposants aux droits des transgenres s’accordent sur le fait que ces règles combinées pourraient rendre l’accès aux soins d’affirmation de genre pour les jeunes extrêmement difficile, voire impossible, dans tout le pays. Ces mesures s’ajoutent aux interdictions déjà en vigueur dans 27 États.
L’Union américaine des libertés civiles (ACLU) a annoncé son intention d’intenter une action en justice pour contester ces règles, et d’autres poursuites judiciaires sont également envisagées.
Ces actions s’inscrivent dans une stratégie plus large de l’administration Trump visant à restreindre les droits des personnes transgenres. Le premier jour de son mandat, le président Trump a signé un décret déclarant que les États-Unis « ne financeront, ne parraineront, ne promouvront, n’assisteront ou ne soutiendront pas la soi-disant « transition » d’un enfant d’un sexe à un autre. »
L’impact de ces mesures est déjà ressenti par les familles concernées. Une mère californienne, qui a demandé à NPR de ne pas révéler le nom de son adolescent transgenre par crainte pour sa sécurité et son emploi, a exprimé son inquiétude.
« J’ai l’impression que quelqu’un me jette dans la brousse juste à côté du chemin sur lequel je me trouve. Et c’est plutôt terrifiant. Je ne veux pas être perdu. Je veux continuer là où je vais. »
Mère d’un adolescent transgenre
Son fils, âgé de 15 ans, suit une hormonothérapie depuis six mois. Il est scout, pratique la course à pied et envisage une carrière dans les sciences ou les mathématiques. Il a confié que cette thérapie l’aidait à se sentir aligné avec son identité.
Parallèlement, le Congrès examine également des projets de loi visant à restreindre davantage l’accès aux soins d’affirmation de genre. La représentante Marjorie Taylor Greene (R-Ga.) a présenté un projet de loi criminalisant la fourniture de tels soins aux mineurs transgenres, passible d’une amende ou d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à 10 ans. Un autre projet de loi, présenté par le représentant Dan Crenshaw (R-Texas), interdirait le remboursement par Medicaid de ces soins. Ces projets de loi devraient également être soumis au vote du Sénat.
Lors de la conférence de presse, le Dr Marty Makary, qui dirige la Food and Drug Administration, a annoncé que l’agence enverrait des lettres d’avertissement aux entreprises qui fabriquent et commercialisent des bloqueurs de puberté auprès des jeunes. Le Dr Jay Bhattacharya, qui dirige les National Institutes of Health, a évoqué l’annulation de subventions pour la recherche sur les jeunes transgenres.
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