Publié le 2024-02-29 10:00:00. Les tests sanguins de dépistage de la maladie d’Alzheimer, bien que non encore autorisés en Italie, suscitent interrogations et inquiétudes, notamment face à la prolifération de tests en vente directe aux consommateurs sur internet.
- Aux États-Unis, les tests de dépistage précoce ne sont autorisés que pour les patients présentant déjà des symptômes.
- Un taux élevé de faux positifs (quatre cas sur cinq) peut engendrer anxiété et examens médicaux inutiles.
- Les tests vendus directement aux consommateurs, souvent coûteux, sont particulièrement préoccupants.
Si les tests sanguins capables de détecter des biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer ne sont pas encore homologués en Italie, leur utilisation et leur fiabilité font déjà l’objet de débats. L’accès à ces tests est actuellement limité aux contextes cliniques spécialisés, où ils sont prescrits à des patients présentant des signes cliniques évidents et interprétés par des professionnels de santé.
Aux États-Unis, la politique est plus restrictive : les médecins généralistes ne peuvent proposer ces tests qu’à des patients qui présentent déjà des troubles cognitifs suspects. Cette prudence est justifiée par le risque de faux positifs. Selon Wiedermann, environ une personne sur cinq ayant un résultat positif ne développera en réalité pas la maladie d’Alzheimer. Des études confirment que quatre patients sur cinq reçoivent initialement un résultat alarmant qui s’avère finalement incorrect, entraînant une spirale d’incertitude, d’anxiété et de dépenses médicales superflues.
« Ces tests proposent du poisson dans un étang à des personnes peu sûres d’elles ou anxieuses, par exemple parce qu’un parent est atteint de la maladie d’Alzheimer. »
Wiedermann
La situation est différente dans les cliniques spécialisées, dites de la mémoire. Ces centres accueillent des patients déjà orientés en raison de symptômes spécifiques, permettant un diagnostic plus précis et une interprétation des résultats intégrée à un bilan clinique complet. Le taux d’erreur y est significativement plus faible.
La véritable source d’inquiétude réside dans la commercialisation de tests vendus directement aux consommateurs, souvent disponibles sur internet à des prix élevés. Ces “tests directement destinés aux consommateurs” sont présentés comme des outils de prévention, mais leur fiabilité est remise en question.
« Nous avons une société anxieuse et en proie à la fièvre du shopping. »
Ulrich Seitz, président de l’Association Alzheimer Haut-Adige Tyrol du Sud (ASAA)
Ulrich Seitz, président de l’Association Alzheimer Haut-Adige Tyrol du Sud (ASAA), a alerté la RAI sur ce phénomène, soulignant la vulnérabilité d’une société marquée par l’anxiété et la consommation.
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