Publié le 19 décembre 2025 à 17h30. Google Gemini, l’intelligence artificielle développée par Google, est désormais capable de détecter si une vidéo a été créée ou modifiée par une autre IA, une avancée cruciale face à la prolifération de contenus synthétiques potentiellement trompeurs.
- Google Gemini peut identifier les vidéos générées par l’IA en analysant les filigranes invisibles à l’œil nu.
- La technologie actuelle a des limites : elle ne fonctionne qu’avec des vidéos de moins de 90 secondes et de moins de 100 Mo, et uniquement pour le contenu créé par les outils d’IA de Google.
- Des normes communes, comme celles établies par la Content Provenance and Authenticity Alliance (C2PA), visent à marquer le contenu IA pour faciliter sa détection.
La lutte contre la désinformation numérique prend une nouvelle tournure avec l’arrivée d’outils capables de distinguer le réel du synthétique. Récemment, une vidéo virale, qualifiée d'”absurde et quelque peu drôle”, a mis en scène un échange surprenant :
« Quand avez-vous découvert que vous étiez une IA ? »
Animateur
« Lorsque notre équipe chinoise a remporté la Coupe du Monde (de football), j’ai senti que quelque chose n’allait pas. »
Joueur
Si cette vidéo a pu susciter l’amusement, elle illustre également la facilité avec laquelle l’intelligence artificielle peut être utilisée pour créer des contenus trompeurs. Le souvenir de la « fausse et vulgaire vidéo du salon de l’automobile », qui avait induit en erreur de nombreuses personnes il y a quelques temps, reste encore vif. La prolifération de ces contenus malveillants a incité Google à développer une solution.
Gemini, l’IA de Google, peut désormais analyser les vidéos et déterminer si elles ont été générées par une intelligence artificielle. Le processus est simple : il suffit de télécharger la vidéo sur la plateforme et de poser la question. Gemini analysera alors les images et l’audio pour détecter la présence de filigranes invisibles, appelés SynthID. Ces filigranes, intégrés par Google dans le contenu créé ou modifié par ses propres outils d’IA, permettent d’identifier l’origine artificielle de la vidéo.
Comme le montre l’image ci-dessus, Gemini peut indiquer précisément les segments de la vidéo où le filigrane SynthID a été détecté. Cependant, cette technologie n’est pas infaillible. Elle est limitée aux vidéos de moins de 90 secondes et de moins de 100 Mo, et ne reconnaît pour l’instant que les filigranes SynthID, c’est-à-dire ceux intégrés par les outils d’IA de Google. Elle ne pourra donc pas identifier le contenu généré par d’autres plateformes comme Doubao ou ChatGPT.
Heureusement, la prise de conscience de l’importance de l’identification du contenu IA se répand. Des entreprises s’unissent au sein de la Content Provenance and Authenticity Alliance (C2PA) pour établir des normes communes et intégrer des métadonnées permettant de vérifier l’authenticité des contenus. L’objectif est de rendre plus difficile la diffusion de fausses informations et de protéger les utilisateurs.
Mais cette avancée soulève de nouvelles questions. La fiabilité de ces outils de détection est-elle absolue ? Que se passe-t-il si les filigranes sont altérés ou supprimés ? L’utilisation croissante de l’IA pour créer des vidéos de plus en plus réalistes rend la tâche de détection de plus en plus complexe. Il est difficile d’imaginer à quoi ressemblera le paysage numérique de demain, où la frontière entre le réel et le virtuel s’estompe de plus en plus.
Que ce soit les entreprises technologiques qui utilisent l’IA pour générer des vidéos hyperréalistes, ou celles qui développent des outils pour les détecter, la situation apparaît paradoxale, voire ridicule. Et alors que les vidéos générées par l’IA deviennent de plus en plus sophistiquées, il devient de plus en plus difficile de démasquer les intentions malveillantes.
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