Home SantéCe que peuvent révéler les tests sanguins pour détecter la maladie d’Alzheimer – 19/12/2025 – Santé

Ce que peuvent révéler les tests sanguins pour détecter la maladie d’Alzheimer – 19/12/2025 – Santé

by Sophie Martin

Publié le 19 décembre 2025 à 20h00. Des analyses sanguines de plus en plus précises, combinées à un suivi régulier des biomarqueurs, pourraient révolutionner le diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer, avant même l’apparition des premiers troubles de la mémoire.

  • De nouvelles études montrent qu’analyser l’évolution de plusieurs biomarqueurs protéiques dans le sang est plus fiable qu’un seul test.
  • L’obésité et certaines affections rénales peuvent fausser les résultats des analyses, soulignant la nécessité d’une interprétation prudente.
  • La FDA a récemment approuvé deux tests sanguins pour détecter les biomarqueurs liés à la maladie d’Alzheimer, mais leur utilisation reste encadrée.

La recherche sur la maladie d’Alzheimer connaît une accélération significative dans le domaine du diagnostic précoce. Longtemps limité aux coûteuses et invasives scintigraphies cérébrales ou aux ponctions lombaires, le dépistage s’oriente désormais vers des méthodes plus simples et accessibles, comme les analyses sanguines. Les scintigraphies par émission de positons (TEP) permettent de visualiser l’accumulation de protéines amyloïdes dans le cerveau, tandis que l’accumulation anormale de ces protéines peut déclencher des modifications d’une autre protéine, la protéine tau, perturbant la communication entre les neurones et entraînant une perte de mémoire.

Cependant, ces examens plus poussés ne sont généralement pratiqués que lorsque les patients présentent déjà des signes avancés de déclin cognitif. Face à l’augmentation du nombre de diagnostics, les chercheurs s’efforcent de développer des outils de dépistage plus précoces et moins contraignants.

Les progrès récents dans l’identification des biomarqueurs sanguins liés à la maladie d’Alzheimer sont prometteurs. La Food and Drug Administration (FDA) a récemment donné son feu vert à deux analyses de sang capables de détecter ces marqueurs. L’Association Alzheimer a également publié ses premières recommandations cliniques pour leur utilisation dans des établissements de soins spécialisés.

Selon Sheena Aurora, vice-présidente des affaires médicales de l’Association Alzheimer, ces tests ont des objectifs différents. L’un d’eux est conçu comme un test « d’exclusion », permettant de déterminer si l’accumulation d’amyloïde n’est pas la cause des symptômes, suggérant ainsi une autre pathologie. L’autre est un test « d’inclusion », destiné aux spécialistes, qui, s’il est positif, indique une probabilité accrue de présence de protéines liées à la maladie d’Alzheimer.

« Ces tests constituent un outil précieux, mais ils doivent être utilisés en complément d’autres évaluations diagnostiques : antécédents familiaux, tests cognitifs et imagerie médicale. »

Sheena Aurora, vice-présidente des affaires médicales de l’Association Alzheimer

Cyrus A. Raji, neuroradiologue à l’Institut de radiologie Mallinckrodt de la faculté de médecine de l’Université de Washington, souligne l’importance d’un diagnostic précoce :

« La maladie d’Alzheimer commence à se développer plus de 20 ans avant l’apparition des premiers symptômes détectables. Si nous pouvons identifier les personnes à risque plus tôt, nous pourrons mettre en place des traitements préventifs plus efficaces. »

Cyrus A. Raji, neuroradiologue à l’Institut de radiologie Mallinckrodt de la faculté de médecine de l’Université de Washington

Cependant, la fiabilité des résultats des analyses sanguines peut être compromise par la présence d’autres maladies chroniques. Des recherches ont montré que la fonction rénale peut affecter les résultats, les rendant peu fiables pour environ un tiers des personnes âgées souffrant de problèmes rénaux. Un léger dysfonctionnement rénal semble influencer les niveaux de plusieurs biomarqueurs sanguins de la maladie d’Alzheimer, en particulier la chaîne légère des neurofilaments, un indicateur courant de lésions nerveuses.

Corey Bolton, neuropsychologue, met en garde contre ce défi :

« Contrairement aux TEP ou aux ponctions lombaires, les analyses de sang sont influencées par l’état de santé général du patient. Les maladies rénales, l’ obésité, les affections vasculaires et même certains médicaments peuvent modifier les niveaux de protéines et rendre l’interprétation plus complexe. »

Corey Bolton, neuropsychologue

Une étude récente a suivi 298 personnes se plaignant de troubles de la mémoire, mais obtenant des résultats normaux aux tests cognitifs pendant cinq ans. Les chercheurs ont mesuré les protéines liées à la maladie d’Alzheimer dans le sang tous les deux ans et effectué des évaluations cognitives annuelles. Ils ont constaté qu’une augmentation plus importante de ces protéines, notamment de l’acide tau et de l’acide fibrillaire glial, était associée à un déclin cognitif mesurable et à une progression vers des troubles cognitifs légers ou une démence.

Environ 20 % des participants qui avaient initialement des niveaux de biomarqueurs normaux ont ensuite développé des niveaux anormaux. Cette étude confirme l’importance de réaliser plusieurs analyses sanguines au fil du temps pour obtenir une image plus précise de la santé cognitive d’un patient, plutôt qu’un simple instantané.

Des recherches menées par Cyrus A. Raji sur 407 participants ont révélé que l’indice de masse corporelle (IMC) pouvait initialement sembler inversement corrélé à la présence de signes de la maladie d’Alzheimer dans les analyses sanguines et cérébrales. Cependant, au fil du temps, les participants obèses ont présenté une augmentation significative des protéines liées à la maladie d’Alzheimer, et les analyses sanguines se sont avérées plus sensibles que les scanners cérébraux pour détecter ces changements.

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