Home SantéDes rapports montrent comment le clade 1b du mpox se propage par contact non sexuel en République démocratique du Congo et en Irlande.

Des rapports montrent comment le clade 1b du mpox se propage par contact non sexuel en République démocratique du Congo et en Irlande.

by Sophie Martin

Publié le 2025-12-19 21:13:00. Une nouvelle étude révèle une propagation distincte du mpox (variole des singes) de son variant clade 1b, avec des schémas de transmission différents selon les régions : prédominance des contacts familiaux en République démocratique du Congo et transmission sexuelle en Irlande, soulignant la nécessité d’une vigilance accrue à l’échelle mondiale.

  • Le clade 1b du mpox se propage principalement par contact familial dans la ville d’Uvira, en RDC, touchant particulièrement les enfants.
  • En Irlande, une première épidémie documentée de ce variant a révélé une transmission sexuelle, domestique et nosocomiale.
  • La malnutrition infantile et l’immunité acquise contre la variole chez les adultes pourraient expliquer la vulnérabilité accrue des enfants face à ce variant.

Une épidémie de mpox, causée par le clade 1b du virus, s’est développée à Uvira, une ville densément peuplée de la République démocratique du Congo (RDC). Les chercheurs de l’Université Johns Hopkins, qui ont publié leurs conclusions dans la revue Eurosurveillance, ont constaté que la transmission dans cette région se fait principalement au sein des familles, et non par voie sexuelle. Entre juin et octobre 2024, 973 cas suspects ont été recensés, dont 63,7 % concernaient des enfants de moins de 15 ans.

Les investigations menées à Uvira ont mis en évidence que la majorité des expositions au virus se produisaient dans les foyers (67,9 %), souvent caractérisés par une forte promiscuité et des familles nombreuses. La transmission sexuelle ne représentait que 6,0 % des cas. Un quart des personnes interrogées (24,6 %) ont également signalé une possible exposition dans des lieux publics tels que restaurants, bars, hôtels et boîtes de nuit, tandis que 3,2 % évoquaient une contamination dans des établissements de santé.

Plusieurs facteurs pourraient expliquer cette forte prévalence du clade 1b chez les enfants. Les chercheurs suggèrent que la malnutrition infantile pourrait rendre les plus jeunes plus susceptibles à l’infection, tandis que l’immunité préexistante contre la variole, plus forte chez les adultes, pourrait offrir une certaine protection. Le taux de mortalité global de l’épidémie d’Uvira est resté faible (0,7 %), mais il était significativement plus élevé chez les nourrissons (5,6 fois supérieur) que dans les autres groupes d’âge, soulignant leur vulnérabilité particulière dans un contexte de malnutrition, d’accès limité aux soins et de conditions de vie précaires. La taille moyenne des foyers à Uvira est de huit personnes, avec quatre personnes dormant en moyenne dans la même pièce.

Il est important de noter que le taux de mortalité lié au clade 1b chez les nourrissons semble inférieur à celui observé lors d’épidémies précédentes impliquant le clade 1a, ce qui pourrait indiquer une virulence moindre du nouveau variant.

L’épidémie d’Uvira met en lumière une évolution vers des modes de transmission non sexuels, ce qui complique la lutte contre le virus dans les zones densément peuplées et aux ressources limitées. L’Organisation mondiale de la santé recommande l’isolement à domicile pour limiter la propagation, mais cette mesure peut s’avérer difficile à mettre en œuvre pour les familles vivant dans des logements surpeuplés.

Les auteurs de l’étude insistent sur la nécessité de mettre en place des stratégies de prévention ciblées au niveau des ménages, notamment la vaccination, le soutien nutritionnel et des interventions communautaires spécifiques.

Un agent de santé infecté en Irlande

Le clade 1b du mpox ne se limite pas aux régions à faibles ressources. Un rapport rapide publié dans Eurosurveillance détaille la première épidémie documentée de ce variant en Irlande. Entre août et octobre 2025, quatre cas épidémiologiquement liés ont été identifiés, dont un professionnel de santé contaminé alors qu’il soignait un patient hospitalisé.

L’épidémie irlandaise a débuté avec un voyageur revenant du Pakistan et s’est propagée par transmission sexuelle, domestique et nosocomiale. Les analyses génétiques ont confirmé que les cas étaient liés à une séquence identifiée à Oman en février 2025. Cette proximité génétique souligne le rôle des voyages internationaux dans la dissémination du clade 1b et son potentiel de propagation mondiale.

Ces deux études combinées mettent en évidence la menace internationale posée par le clade 1b du mpox. Les chercheurs appellent à une surveillance continue, à des diagnostics rapides et à une collaboration intersectorielle pour prévenir une propagation plus large du virus.

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