Publié le 21 décembre 2025 à 07h02. Noël sonne souvent creux pour les familles dont les enfants ont choisi de s’expatrier. Un père irlandais partage ses réflexions sur l’éloignement de sa fille, infirmière vétérinaire en Australie, et sur l’importance de créer un avenir attractif pour les jeunes qui souhaitent rentrer au pays.
- L’auteur évoque le vide laissé par l’absence de sa fille Jemma, expatriée à Melbourne, pendant les fêtes de Noël.
- Il partage son admiration pour le choix de vie de Jemma et son expérience professionnelle enrichissante en tant qu’infirmière vétérinaire.
- Il appelle les dirigeants irlandais à créer un environnement favorable au retour des jeunes professionnels qualifiés ayant choisi de vivre à l’étranger.
Comme l’année précédente, la table de Noël sera incomplète pour cette famille. Jemma, 28 ans, travaille actuellement comme infirmière vétérinaire dans un cabinet de référence à Melbourne, en Australie, à plus de 17 415 kilomètres (environ 10 820 miles) de l’Irlande. L’éloignement géographique rend les fêtes de fin d’année plus difficiles, mais la technologie permet de maintenir un lien précieux.
L’auteur se souvient de l’impact émotionnel de l’absence de Jemma l’année dernière, et de la résonance que son témoignage, publié dans la Branche de houx, a trouvé auprès d’autres parents confrontés à la même situation. Il a reçu de nombreux messages de personnes touchées par son expérience, partageant à la fois la tristesse et la fierté de voir leurs enfants s’épanouir à l’étranger.
Malgré un appel vidéo émouvant le jour de Noël, où Jemma a pu se joindre aux festivités familiales à distance, l’absence physique était palpable. Un bref échange, pendant lequel elle a partagé ses aventures passées aux Antilles, a suffi à illuminer le jour de Noël. Sa visite en mars dernier, un mois passé en famille, a été particulièrement précieuse.
L’auteur exprime son admiration pour la jeune femme indépendante et épanouie que Jemma est devenue. Il reconnaît qu’elle a hérité du caractère de son père, tout en construisant sa propre vie et en réalisant ses rêves. À l’approche de ses 60 ans, il réalise qu’il a peu de regrets, ayant passé plus de 40 ans à exercer un métier qu’il aime, entouré d’une famille et d’amis formidables.
Cependant, un regret persiste : ne pas avoir osé, dans sa jeunesse, saisir les opportunités d’aventure à l’étranger. Il se souvient d’avoir envisagé de partir avec sa compagne de l’époque, mais les contraintes administratives de l’époque l’en ont empêché. Il a encouragé Jemma à explorer le monde, lui murmurant à l’aéroport de Dublin en janvier 2024 : « Va et vois ce que je n’ai pas fait. Vis ces aventures… mais reviens ensuite à la maison. »
Il vit désormais, en partie, ses propres rêves à travers les yeux de sa fille. Jemma prévoit de partir camper en Australie du Sud, et l’auteur est confiant qu’elle finira par ressentir le besoin de rentrer au pays, comme elle le lui a promis lors d’une conversation autour d’une bière au printemps dernier : « Je te le promets, papa, je me réveillerai un matin et déciderai que j’en ai assez, et ensuite je rentrerai à la maison. Ce n’est pas pour toujours, c’est juste pour le moment… »
Des milliers de jeunes Irlandais quittent chaque année le pays pour l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada, l’Union européenne et d’autres destinations. Les statistiques indiquent que la majorité d’entre eux finissent par rentrer chez eux après avoir vécu des expériences enrichissantes. La technologie moderne facilite le maintien du contact, permettant aux familles de partager des moments importants, même à distance.
« Ce n’est pas et ne sera jamais la même chose que de partager la dinde et le jambon avec eux, de se battre pour la dernière cuillère de la sauce spéciale de JJ O’Driscoll, mais le monde n’est quand même plus si immense. »
L’auteur
L’auteur souligne l’importance de ne pas entraver les rêves de ses enfants, mais insiste sur la nécessité pour les dirigeants irlandais de créer un environnement favorable à leur retour. Il espère que le gouvernement prendra des mesures pour attirer les jeunes professionnels qualifiés, comme Jemma et son partenaire Ian, en leur offrant des perspectives d’emploi et un cadre de vie attractif. Il ne reproche pas aux jeunes de partir, mais s’inquiète de la possibilité qu’ils ne reviennent pas faute d’opportunités.
En conclusion, l’auteur adresse ses vœux de Joyeux Noël à toutes les familles, où qu’elles soient. Il exprime son optimisme quant au retour de Jemma, et sa confiance dans l’attrait durable de l’Irlande.
Cette histoire est parue dans la Branche de houx 2025.