Les garde-côtes américains ont intensifié leur pression sur le Venezuela en poursuivant un nouveau pétrolier soupçonné de contourner les sanctions internationales. Cette action s’inscrit dans une stratégie plus large de l’administration Trump visant à couper les revenus du régime de Nicolás Maduro, déjà fragilisé par une crise économique et politique profonde.
L’opération, confirmée dimanche par une source américaine sous couvert d’anonymat, fait suite à la saisie d’un autre pétrolier, le Centuries, battant pavillon panaméen, samedi dernier. La Maison Blanche l’a décrit comme un navire opérant au sein d’une « flotte fantôme » vénézuélienne dédiée au trafic de pétrole volé.
Selon la source, le pétrolier actuellement poursuivi appartient à la « flotte noire » sanctionnée, impliquée dans une fraude massive aux sanctions vénézuéliennes. Il naviguait sous faux pavillon et faisait l’objet d’un mandat de saisie.
Le 10 décembre, les garde-côtes américains, avec le soutien de la marine, avaient déjà intercepté le Skipper, un autre navire lié à cette flotte clandestine. Ce dernier avait été appréhendé sans même arborer de pavillon national.
Ces saisies interviennent alors que le président Donald Trump a durci son discours à l’égard de Nicolás Maduro, exigeant notamment la restitution des actifs appartenant à des compagnies pétrolières américaines nationalisés par le Venezuela. Il a même évoqué la possibilité d’un « blocus » contre le pays sud-américain.
M. Trump a justifié cette nouvelle ligne de conduite en évoquant les pertes subies par les investisseurs américains au Venezuela, suggérant que les sanctions et les pressions économiques sont motivées à la fois par des différends commerciaux et par des accusations de trafic de drogue.
Plusieurs pétroliers sanctionnés ont déjà modifié leurs routes pour éviter le Venezuela, signe de l’efficacité croissante des mesures américaines.
Le président vénézuélien, Nicolás Maduro, a réagi dimanche en dénonçant une « campagne d’agression » allant du « terrorisme psychologique » aux « corsaires attaquant les pétroliers ». Il a affirmé que son pays était prêt à « accélérer le rythme de sa révolution en profondeur ».
Par ailleurs, l’administration Trump a ordonné au ministère de la Défense de mener des opérations contre des navires soupçonnés de transporter du fentanyl et d’autres drogues illégales dans les Caraïbes et l’océan Pacifique oriental. Au moins 104 personnes ont été tuées lors de 28 frappes depuis début septembre, suscitant des inquiétudes quant au respect des droits de l’homme et à la légalité de ces actions.
La chef de cabinet de la Maison Blanche, Susie Wiles, a déclaré à Vanity Fair que M. Trump souhaitait « continuer à faire exploser les bateaux jusqu’à ce que Maduro crie oncle ».
Le sénateur Tim Kaine a critiqué cette approche, estimant que l’utilisation de la force par M. Trump contre le Venezuela contredit son engagement à maintenir les États-Unis à l’écart des conflits inutiles. Il a déclaré :
« Nous devrions utiliser les sanctions et les autres outils à notre disposition pour punir ce dictateur qui viole les droits humains de ses civils et a fait sombrer l’économie vénézuélienne. Mais je vais vous le dire, nous ne devrions pas faire la guerre au Venezuela. »
Les compagnies pétrolières américaines dominaient l’industrie pétrolière vénézuélienne jusqu’à la nationalisation du secteur, d’abord dans les années 1970, puis de nouveau au XXIe siècle sous Hugo Chávez et Nicolás Maduro. Le Venezuela a offert une indemnisation jugée insuffisante, et un comité d’arbitrage international a ordonné au gouvernement socialiste de verser 1,6 milliard de dollars à ExxonMobil en 2014.
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