Home SantéDocteur Perri : « Du gène d’Alzheimer à la crise : l’avenir incertain du Centre de Neurogénétique de Lamezia »

Docteur Perri : « Du gène d’Alzheimer à la crise : l’avenir incertain du Centre de Neurogénétique de Lamezia »

by Sophie Martin

Publié le 26 octobre 2023. L’avenir du Centre Régional de Neurogénétique de Lamezia Terme est incertain, alerte un ancien responsable de santé mentale, pointant une érosion progressive des ressources et des effectifs qui menace une structure d’excellence reconnue pour ses recherches sur la maladie d’Alzheimer et d’autres troubles neurologiques.

  • Le Centre Régional de Neurogénétique, créé en 1996 suite à des découvertes majeures sur la maladie d’Alzheimer familiale, est aujourd’hui fragilisé par des coupes budgétaires et une perte d’emplois.
  • Les recherches menées au centre ont contribué à l’identification de gènes impliqués dans la maladie d’Alzheimer, notamment la Préséniline 1 et la protéine Nicastrin.
  • Malgré les difficultés, certaines unités du centre restent actives, notamment le centre de diagnostic et de traitement de la démence et la clinique de nutrition.

Cesare Perri, ancien directeur d’un département de santé mentale, s’inquiète de l’avenir du Centre Régional de Neurogénétique.

« Le Centre Régional de Neurogénétique a-t-il un avenir ? »

Cesare Perri, ancien directeur d’un département de santé mentale

Il dénonce une « dépossession progressive des soins de santé » dans la région de Lamentina, qui se traduit par un affaiblissement de structures comme celle-ci. Selon lui, l’histoire du centre est celle d’une « autre défaite » pour le territoire.

L’histoire du centre remonte aux années 1990, lorsqu’un neuropathologiste parisien, le docteur Jean François Foncin, s’est intéressé au cas d’une patiente calabraise de 42 ans atteinte de la maladie d’Alzheimer. Frappé par la précocité de la maladie et les antécédents familiaux, il a entrepris des recherches généalogiques à Nicastro, en collaboration avec la neurologue Amalia Bruni et la biologiste généticienne Paola Montesi. Leurs travaux, menés à partir des archives de l’Hôpital Psychiatrique de Girifalco, ont permis de valider l’hypothèse d’une forme familiale de la maladie d’Alzheimer.

Les résultats obtenus par l’équipe SMID-SUD (Bruni, Montesi et Gei) ont conduit à la création du Centre de Neurogénétique par une loi régionale en 1996. Amalia Bruni, fondatrice et directrice du centre, a joué un rôle central dans son développement. Cesare Perri souligne également la contribution essentielle, bien que moins connue, de Paola Montesi, co-auteure avec Bruni, Foncin et d’autres de nombreuses publications scientifiques, dont une étude de 1994 publiée dans le Journal of Geriatric Psychiatry and Neurology : « Un nouveau pedigree italien avec la maladie d’Alzheimer précoce » (Bruni, Montesi, Foncin, Gei et autres). Cette étude, considérée comme « fondamentale », a permis d’identifier la lignée de transmission de la maladie et, en 1995, d’isoler le gène « Préséniline 1 », le plus fréquemment impliqué dans les formes génétiques de la maladie d’Alzheimer.

Le centre a également contribué à l’identification, en 2000, d’une nouvelle protéine membranaire neuronale appelée « Nicastrin », en hommage au lieu qui a rendu possible cette découverte (G. Yu, M. Nishimura, A. Tandon, E. Rogaeva, A. Bruni, P. Fraser et P. St. George-Hyslop et autres). Dans les années suivantes, les recherches se sont poursuivies, donnant lieu à de nombreuses publications scientifiques.

Cesare Perri a également participé aux travaux du centre de 1997 à 2024, en menant des recherches sur les troubles de l’humeur (Perri, De Vito, Foncin, Bruni : Corrélation entre troubles de l’humeur et condition physique), présentées lors du Congrès mondial de psychiatrie à Bruxelles en 2002. Le centre a bénéficié du soutien de l’Association pour la recherche neurogénétique (ARN), grâce à un financement régional de 500 000 euros (environ 560 000 USD) destiné à assurer les activités de recherche et de soins. Cette aide a permis la création d’un centre de jour, la « Casa Alzal ». Le financement a été suspendu en 2020, entraînant le départ de huit des plus de vingt employés. Aujourd’hui, le centre compte encore quatre médecins, un psychologue, un travailleur social, un technicien de laboratoire et un professionnel infirmier, et continue d’accueillir un nombre important de patients dans ses unités de diagnostic et de traitement de la démence, de nutrition et de génétique.

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