Home SantéDéclencheurs cachés de la maladie d’Alzheimer : les infections et le diabète augmentent le risque | oekonews.at

Déclencheurs cachés de la maladie d’Alzheimer : les infections et le diabète augmentent le risque | oekonews.at

by Sophie Martin

Publié le 21 décembre 2025 à 23h03. Des chercheurs allemands ont identifié un mécanisme moléculaire clé reliant infections chroniques et maladies métaboliques au développement de la maladie d’Alzheimer, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies de prévention grâce à un principe actif prometteur.

  • Une équipe de Düsseldorf a démontré comment des facteurs de risque externes influencent le développement de la maladie d’Alzheimer au niveau moléculaire.
  • La protéine MIF, sous sa forme oxydée (oxMIF), joue un rôle central dans ce processus en favorisant l’accumulation de la protéine tau.
  • Un composé expérimental, le PAV-617, a bloqué ce mécanisme dans des modèles animaux, réduisant significativement le risque de développer la maladie.

La maladie d’Alzheimer, une maladie neurodégénérative progressive, se caractérise par une perte progressive des fonctions cognitives, notamment la mémoire et l’orientation. À un stade avancé, elle peut entraîner une perte d’autonomie et des changements de personnalité profonds. Si les processus moléculaires impliquant l’accumulation anormale des protéines amyloïdes bêta (Aβ) et tau sont bien connus, les liens précis entre facteurs de risque externes et ces mécanismes restaient jusqu’à présent mal compris.

Les chercheurs de l’Université Heinrich Heine de Düsseldorf (HHU) et de l’hôpital universitaire de Düsseldorf (UKD) ont désormais identifié un acteur clé : une forme modifiée de la protéine Facteur inhibiteur de la migration des macrophages (MIF). Cette protéine, impliquée dans le système immunitaire et les réactions inflammatoires, ainsi que dans des pathologies comme le diabète de type 2, se présente sous une forme oxydée, l’oxMIF, en quantité accrue dans le cerveau des patients atteints d’Alzheimer.

L’étude révèle que certains virus, comme le virus de l’herpès simplex (HSV), peuvent convertir le MIF en oxMIF. Cette dernière favorise alors l’agrégation de la protéine tau, une étape cruciale dans le développement de la maladie. Un mécanisme similaire est suspecté dans le cas du diabète de type 2, suggérant un lien commun entre ces pathologies et la maladie d’Alzheimer.

L’équipe, dirigée par le professeur Carsten Korth et le Dr Andreas Müller-Schiffmann, a également testé avec succès un principe actif, le PAV-617, capable de bloquer les effets néfastes de l’oxMIF. Les résultats obtenus sur des modèles animaux sont encourageants : le PAV-617 a empêché l’accumulation de la protéine tau et réduit significativement le risque de développer la maladie.

« Nous pensons qu’avec le PAV-617, nous disposons d’un excellent point de départ pour prévenir la majorité des cas sporadiques d’Alzheimer à un stade précoce. »

Professeur Carsten Korth

Le professeur Korth souligne l’importance d’agir en amont : « Il est crucial d’arrêter les processus pathologiques avant que des dommages irréversibles ne surviennent. C’est comme un carambolage : il ne suffit pas d’évacuer les voitures impliquées dans l’accident, nous devons également sécuriser les lieux de l’accident et empêcher d’autres voitures d’avoir un accident. »

Cette recherche, fruit d’une collaboration internationale impliquant l’École polytechnique fédérale de Zurich, Prosetta Biosciences (États-Unis), l’université Friedrich Schiller de Jena, l’University College de Londres et le centre médical universitaire VU d’Amsterdam, ouvre de nouvelles perspectives pour la prévention de la démence d’Alzheimer, en particulier chez les patients présentant des infections chroniques ou des troubles métaboliques. Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue spécialisée Cell Medicine.

L’étude suggère pour la première fois la possibilité de réduire spécifiquement le risque individuel de développer la maladie d’Alzheimer, et ce bien avant l’apparition des premiers symptômes.

Publication originale

Le MIF oxydé est une cible médicamenteuse contre la maladie d’Alzheimer qui transmet des facteurs de risque externes à la pathologie tau

A. Schiffmann, F. Torres, A. Kitaygorodskyist, A. Ramani, A. Alatza, SK Scheme, Julien Orts, A. Haltrich, I. Prikulis, S. A. Rozemuller. S. Wray, J. Gopalakrishnan, R. Shipping, BR Lingappa, C. Corth. Cell Medicine 2025.

You may also like

Leave a Comment