Home SantéAlors que les médicaments amaigrissants gagnent en popularité, les gymnases sud-coréens ressentent la pression

Alors que les médicaments amaigrissants gagnent en popularité, les gymnases sud-coréens ressentent la pression

by Sophie Martin

Publié le 22 décembre 2025. La popularité croissante des médicaments amaigrissants en Corée du Sud ébranle le secteur des salles de sport, traditionnellement florissant à l’approche des résolutions de Nouvel An.

  • Les salles de sport de Séoul constatent un ralentissement des inscriptions, les consommateurs se tournant vers des traitements médicamenteux contre l’obésité.
  • Ces médicaments, tels que Wegovy et Mounjaro, sont perçus comme une solution plus rapide et économique que l’exercice physique.
  • Les experts médicaux mettent en garde contre l’utilisation de ces médicaments comme substitut à l’activité physique, soulignant le risque de perte musculaire et de carences nutritionnelles.

Les salles de sport sud-coréennes ressentent les premières secousses d’un phénomène en pleine expansion : l’engouement pour les médicaments amaigrissants. Alors que la saison de janvier, traditionnellement marquée par une affluence de nouveaux inscrits motivés par des résolutions de perte de poids, s’annonce plus calme que d’habitude, les professionnels du fitness observent un changement de comportement significatif chez leurs clients.

De plus en plus de personnes privilégient désormais des traitements contre l’obésité sur ordonnance, comme Wegovy et Mounjaro, plutôt que de s’inscrire à des cours collectifs ou de prendre des séances d’entraînement personnalisé. L’attrait principal réside dans le coût : un forfait de cinq semaines avec un coach dans des quartiers aisés comme Gangnam peut facilement atteindre 600 000 à 800 000 wons (environ 430 à 575 euros), avec la promesse d’une perte de deux à trois kilos en un mois.

En comparaison, les médicaments contre l’obésité sont proposés à un prix plus abordable, entre 300 000 et 400 000 wons (environ 215 à 287 euros) par mois, et les témoignages en ligne font état de pertes de poids plus importantes, de quatre à six kilos sur la même période. Cette efficacité perçue attire une clientèle variée, et certains membres de salles de sport rapportent avoir complètement abandonné l’exercice physique après avoir commencé un traitement médicamenteux, invoquant la fatigue et les vertiges.

Les propriétaires de salles de sport, en particulier ceux ciblant une clientèle féminine ou souhaitant perdre du poids, s’inquiètent de l’érosion de leur base de clientèle. D’autres acteurs du secteur se montrent plus prudents, suggérant que cette tendance pourrait être exagérée ou liée à un contexte économique difficile. Les établissements axés sur l’entraînement en force, par exemple, n’ont pas constaté de changements significatifs, et certains estiment que le ralentissement des inscriptions est davantage dû à un pouvoir d’achat en baisse qu’aux médicaments.

Les professionnels de la santé reconnaissent l’efficacité de ces médicaments, mais mettent en garde contre leur utilisation comme substitut à l’exercice physique.

« Les médicaments contre l’obésité sont puissants, mais ils ne peuvent pas remplacer l’exercice. Sans activité physique, les patients risquent de perdre du muscle ainsi que de la graisse. Même lorsque des médicaments sont utilisés, l’exercice reste essentiel pour une perte de poids saine et durable. »

Kang Jae-heon, spécialiste en médecine familiale à l’hôpital Samsung de Kangbuk

Ils soulignent qu’une perte de poids rapide induite par une suppression de l’appétit peut entraîner une perte de masse musculaire et des carences nutritionnelles si elle n’est pas accompagnée d’une alimentation équilibrée et d’une activité physique régulière.

Alors que la Corée du Sud est confrontée à une demande croissante de traitements contre l’obésité et à une évolution des habitudes de vie, le recours croissant aux solutions médicales remodèle non seulement la manière dont les gens perdent du poids, mais également le paysage des entreprises qui les accompagnent dans cette démarche.

Lina Jang ([email protected])

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