Publié le 23 décembre 2025 à 09h47. Les ventes de Tesla en Europe marquent le pas en novembre, tandis que les constructeurs automobiles chinois gagnent du terrain, profitant d’une demande croissante pour les véhicules hybrides et d’un assouplissement des réglementations européennes sur les émissions.
- Les immatriculations de Tesla dans l’Union européenne ont chuté d’un tiers en novembre, réduisant sa part de marché à 1,4 %.
- Le constructeur chinois BYD a quasiment triplé ses ventes en Europe, affichant la croissance la plus rapide du marché.
- L’Union européenne a revu à la baisse ses objectifs de vente de voitures électriques, autorisant un certain nombre de véhicules à moteur thermique après 2035.
Tesla a connu un mois de novembre difficile sur le marché européen, avec seulement 12 130 voitures neuves immatriculées, contre 18 430 l’année précédente. Cette baisse significative se traduit par une perte de part de marché, passant de 2,1 % à 1,4 %, selon les données de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA). Ce recul intervient alors que la concurrence s’intensifie, notamment avec l’arrivée de constructeurs chinois de plus en plus présents sur le Vieux Continent.
En tête de cette offensive chinoise, BYD a enregistré une croissance spectaculaire, avec un triplement de ses immatriculations en Europe en un an, atteignant 42 500 unités. SAIC, la société d’État propriétaire de la marque MG, n’est pas en reste, affichant une augmentation de 26 % de ses ventes, pour un total de 217 000 véhicules vendus. Ces deux marques proposent à la fois des voitures électriques à batterie et des modèles hybrides, combinant un moteur thermique avec une batterie plus petite.
La popularité croissante des véhicules hybrides, y compris les hybrides rechargeables, représente désormais 44 % de l’ensemble des ventes automobiles. Cette tendance coïncide avec une forte pression exercée par les constructeurs européens pour obtenir un assouplissement des objectifs de vente de voitures électriques, jugés trop ambitieux et coûteux à atteindre. Leur lobbying a porté ses fruits : l’Union européenne a récemment confirmé qu’elle permettrait à 10 % des ventes de voitures d’être équipées d’un moteur à combustion interne après 2035. Cette décision a été saluée par l’industrie automobile européenne.
Malgré ce contexte difficile, les voitures électriques à batterie continuent de gagner du terrain, représentant 18,8 % du marché européen au cours des 11 premiers mois de l’année, soit 2,3 millions de véhicules vendus, contre 15 % sur la même période l’année précédente. Cette progression est d’autant plus notable que Tesla, seul constructeur purement électrique suivi par l’ACEA, connaît des difficultés.
Le ralentissement des ventes de Tesla a commencé à la fin de l’année dernière, en parallèle d’une prise de position de son dirigeant, Elon Musk, sur la scène politique européenne. Il a notamment apporté son soutien à l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), un parti d’extrême droite, et est intervenu lors d’événements de campagne en faveur de groupes similaires au Royaume-Uni. Des liens financiers avec Tommy Robinson ont également été révélés. Il avait également entretenu une alliance avec Donald Trump, avant une rupture spectaculaire cet été, en partie due au retrait de subventions et de réglementations favorables aux véhicules électriques.
Malgré ce ralentissement, la fortune d’Elon Musk reste considérable. L’indice des milliardaires Bloomberg estime sa richesse à 647 milliards de dollars (environ 480 milliards de livres sterling), dont la majeure partie provient de sa société de fusées SpaceX et d’une participation d’environ 200 milliards de dollars dans Tesla. La valeur boursière de Tesla dépasse les 1 500 milliards de dollars, soit plus que celle de tous les autres constructeurs automobiles occidentaux réunis, une valorisation largement basée sur la confiance des investisseurs dans la vision de Musk en matière de robotique et d’intelligence artificielle, plutôt que sur les seuls fondamentaux de son activité automobile.
Dans l’ensemble, le marché automobile européen affiche une croissance modeste, avec une augmentation de 1,4 % des ventes de voitures neuves au cours des 11 premiers mois de l’année. Les ventes totales s’élèvent à 12,1 millions de véhicules, incluant la zone européenne de libre-échange et le Royaume-Uni, soit une cinquième hausse mensuelle consécutive.