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Amazon empêche 1 800 Nord-Coréens de postuler à un emploi

by Amélie Bernard

Publié le 24 octobre 2024 16:32:00. Amazon a déjoué les tentatives de plus de 1 800 ressortissants nord-coréens pour intégrer ses équipes informatiques, révélant une stratégie de Pyongyang consistant à déployer des travailleurs à l’étranger pour générer des revenus et blanchir des fonds.

  • Amazon a bloqué plus de 1 800 candidatures provenant de Corée du Nord au cours de la dernière année.
  • Pyongyang utilise des « fermes d’ordinateurs portables » pour masquer l’origine géographique de ses employés.
  • Les services de renseignement américains ont identifié un programme de cyberguerre nord-coréen actif depuis les années 1990.

Le géant américain du commerce en ligne Amazon a mis en évidence une tentative coordonnée de la Corée du Nord pour infiltrer ses équipes informatiques. Stephen Schmidt, responsable de la sécurité chez Amazon, a révélé dans un article publié sur LinkedIn que l’entreprise a empêché 1 800 personnes de nationalité nord-coréenne de rejoindre ses effectifs. Cette augmentation significative des candidatures, en hausse d’environ un tiers sur l’année écoulée, s’inscrit dans une stratégie plus large de Pyongyang visant à contourner les sanctions internationales et à générer des revenus en devises étrangères.

Selon Amazon, les candidats nord-coréens recourent fréquemment à des techniques de dissimulation sophistiquées, notamment l’utilisation de « fermes d’ordinateurs portables ». Ce dispositif consiste à installer un ordinateur aux États-Unis, mais à le faire opérer à distance depuis la Corée du Nord, rendant ainsi difficile l’identification de la véritable origine du travailleur. M. Schmidt a souligné que ce problème ne se limite pas à Amazon et qu’il est susceptible de toucher l’ensemble du secteur technologique.

Les signaux d’alerte identifiés par Amazon incluent des numéros de téléphone mal formatés et des diplômes universitaires douteux. Ces observations font écho à une affaire récente survenue en Arizona, où une femme a été condamnée à plus de huit ans de prison pour avoir géré une ferme d’ordinateurs portables facilitant l’embauche de programmeurs nord-coréens dans plus de 300 entreprises américaines. Cette opération illégale a généré plus de 17 millions de dollars de revenus pour les impliqués et pour le régime nord-coréen, selon les autorités.

Les services de renseignement sud-coréens ont également mis en garde contre des activités similaires. En juillet dernier, ils ont alerté sur l’utilisation de LinkedIn par des agents nord-coréens se faisant passer pour des recruteurs afin d’approcher des employés de sociétés de défense sud-coréennes et de collecter des informations sur leurs technologies. L’Agence France-Presse rapporte que ces actions s’inscrivent dans une stratégie plus large de collecte de renseignements.

Hong Min, analyste à l’Institut coréen pour l’unification nationale, explique que « la Corée du Nord forme activement du cyber-personnel et infiltre des endroits clés dans le monde entier ». Il ajoute que, compte tenu de la nature commerciale d’Amazon, le motif principal de ces tentatives semble être économique, avec une forte probabilité que l’objectif soit de dérober des actifs financiers.

Le programme de cyberguerre nord-coréen remonte au milieu des années 1990 et s’est considérablement développé depuis. Selon un rapport militaire américain datant de 2020, le Bureau 121, une cyberunité composée d’environ 6 000 personnes, opère depuis plusieurs pays. En novembre dernier, Washington a imposé des sanctions à huit individus accusés d’être des « hackers parrainés par l’État », dont les activités illicites visent à financer le programme nucléaire nord-coréen en volant et en blanchissant de l’argent. Le département américain du Trésor estime que ces cybercriminels ont dérobé plus de 3 milliards de dollars au cours des trois dernières années, principalement en cryptomonnaie.

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