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Quartier de Winterthour : un locataire menace ses voisins depuis des années

by Nicolas Lefèvre

Winterthour est le théâtre d’une situation alarmante : une habitante est accusée par ses voisins de terroriser le quartier depuis des années par des menaces, des insultes et des agressions. Malgré de multiples plaintes déposées auprès de la police et de l’administration du lotissement, aucune mesure concrète n’a été prise pour mettre fin à ce climat de peur.

« Je vais te mettre une balle dans le visage ! » Ce sont les mots glaçants qu’a entendus Monika Maurer, 56 ans, de Winterthour, proférés par sa voisine, Aylin T. « Depuis, j’évite complètement cette femme, même si c’est difficile car elle habite juste au-dessus de moi », confie-t-elle.

Les problèmes ont commencé peu après l’arrivée d’Aylin T. dans le quartier, il y a plus de cinq ans. Initialement, il s’agissait de nuisances sonores. Après avoir demandé à sa nouvelle voisine de faire preuve de discrétion, Monika Maurer a été prise à partie. « Elle m’a crié dessus et a essayé de me frapper avec un bol qu’elle tenait à la main », témoigne-t-elle. Les intrusions se sont ensuite multipliées : « Une fois, la porte-fenêtre était ouverte et elle est simplement entrée chez moi ! » Sur les conseils de la police, Monika Maurer a installé une caméra de surveillance.

La situation a pris une tournure plus grave il y a deux ans, lorsque la fille d’Aylin T. a menacé les enfants du quartier. Monika Maurer et son partenaire ont réprimandé la jeune fille lors d’une altercation sur le terrain de jeu, ce qui a déclenché la colère d’Aylin T. « Elle m’a crié dessus en turc », raconte Monika Maurer. Après avoir fait traduire l’enregistrement de la scène, elle a découvert que sa voisine l’avait menacée de mort.

Pinar P., 35 ans, une autre voisine, confirme la traduction de Monika Maurer et relate également des expériences négatives avec Aylin T. « Au début, nos relations étaient harmonieuses. Je m’occupais même de sa fille », explique-t-elle. Mais après deux ans, la situation a dégénéré. « Un jour, alors que j’étais au travail, elle a crié après nos enfants. Mon mari a tenté de la raisonner, mais cela a mal tourné. » Aylin T. a proféré des menaces de violence et a affirmé que « quelque chose arriverait » si le mari de Pinar P. sortait de prison. Les voisins ignorent les raisons de son incarcération. « Plus tard dans la soirée, elle m’a envoyé un message vocal dans lequel elle menaçait de me faire exploser la tête », ajoute Pinar P., expliquant pourquoi elle a porté plainte.

Ralf G., un autre voisin, a également été victime d’agressions. « Un jour, je suis allé frapper à sa porte pour me plaindre du bruit. Elle m’a attaqué avec un vase en cristal. J’ai eu la chance de l’éviter, sinon… », raconte-t-il, laissant entendre qu’il aurait pu être gravement blessé.

Malgré ces témoignages accablants et les nombreuses interventions de la police, l’administration du lotissement, Livit AG, se montre prudente. « Au début, on nous a dit qu’il fallait trois plaintes pour pouvoir agir », déplore Monika Maurer. « Aujourd’hui, plus de douze personnes ont signé une pétition pour exiger des changements, mais rien ne se passe ! »

Livit AG se contente de répondre de manière générale, invoquant des raisons de confidentialité. « Le droit du bail fixe des limites claires aux résiliations immédiates. Dans les cas où la police estime qu’il existe un danger grave, elle contacte l’administration et lui indique les mesures à prendre. Cela ne s’est jamais produit ici », précise l’entreprise.

L’administration indique également qu’Aylin T. s’est elle-même adressée à elle, affirmant se sentir menacée. À ce stade, des mesures appropriées devraient être prises, notamment en contactant toutes les parties, en émettant des avertissements ou des mises en demeure. La médiation a été envisagée, mais rejetée par certains voisins, sur les conseils de la police.

« La police nous a explicitement déconseillé de communiquer avec Mme T. », explique Monika Maurer. Contactée par Blick, la police de Winterthour confirme avoir été intervenue à une douzaine de reprises dans le lotissement au cours des deux dernières années, sans pouvoir donner de détails pour des raisons de confidentialité.

Aylin T. a initialement répondu à des questions écrites, mais n’a plus donné de nouvelles depuis.

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