Publié le 24 décembre 2025 20:40:00. Des chercheurs de l’UCLA ont identifié un mécanisme moléculaire clé qui pourrait permettre de restaurer la capacité de régénération des vaisseaux sanguins pulmonaires chez les bébés prématurés atteints de dysplasie broncho-pulmonaire, une maladie respiratoire grave. Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles thérapies ciblées pour améliorer la santé pulmonaire à long terme de ces nourrissons.
- Une équipe de l’UCLA a découvert un “interrupteur moléculaire” qui contrôle la régénération des vaisseaux sanguins pulmonaires chez les prématurés.
- La dysplasie broncho-pulmonaire (DBP), une complication fréquente de la prématurité, est liée à la production d’une forme défectueuse d’une protéine appelée NTRK2.
- L’administration d’ARN messager (ARNm) pour restaurer la forme saine de NTRK2 a permis de restaurer la croissance des vaisseaux sanguins et d’améliorer la fonction pulmonaire dans des modèles animaux et des organoïdes humains.
La dysplasie broncho-pulmonaire (DBP) représente l’une des complications les plus redoutées de la naissance prématurée. Les bébés nés trop tôt nécessitent souvent une assistance respiratoire et un apport en oxygène, des interventions vitales mais qui peuvent endommager les poumons immatures. Cette affection perturbe le développement normal des minuscules sacs aériens (alvéoles) et des vaisseaux sanguins, compromettant l’échange d’oxygène et pouvant entraîner des problèmes respiratoires chroniques, des hospitalisations fréquentes et une qualité de vie réduite.
Jusqu’à présent, les traitements se sont concentrés sur la gestion des symptômes de la DBP, sans véritable solution pour réparer les lésions vasculaires sous-jacentes. L’étude de l’UCLA apporte une nouvelle compréhension des mécanismes moléculaires à l’œuvre dans cette maladie et propose une approche thérapeutique potentiellement révolutionnaire.
Les chercheurs ont découvert que dans les poumons des bébés atteints de DBP, les cellules des vaisseaux sanguins commencent à produire une version raccourcie et non fonctionnelle de la protéine NTRK2. Cette protéine est bien connue pour son rôle dans le système nerveux, mais son implication dans le système vasculaire pulmonaire était jusqu’à présent méconnue. Lorsque cette forme tronquée de NTRK2 domine, le poumon perd sa capacité à reconstruire le réseau délicat de vaisseaux sanguins essentiels à une respiration saine.
Pour contrer cet effet, l’équipe a utilisé l’ARN messager (ARNm) – des instructions génétiques temporaires qui indiquent aux cellules comment fabriquer des protéines spécifiques – pour stimuler la production de la forme complète et fonctionnelle de NTRK2. Cet ARNm a été encapsulé dans des nanoparticules lipidiques, conçues pour cibler spécifiquement les cellules endothéliales pulmonaires, qui tapissent l’intérieur des vaisseaux sanguins, minimisant ainsi les effets indésirables sur d’autres types de cellules pulmonaires.
Les résultats obtenus sur des modèles murins de DBP ont été très encourageants. Le traitement a permis de restaurer la croissance des vaisseaux sanguins et de favoriser la formation de sacs aériens pulmonaires sains. Des tests supplémentaires ont été réalisés sur des organoïdes de vaisseaux sanguins humains, de petits tissus 3D cultivés à partir de cellules souches pluripotentes induites, qui reproduisent les caractéristiques clés de la biologie vasculaire humaine. Dans des conditions de forte concentration en oxygène, ces organoïdes présentent généralement une croissance vasculaire limitée. Cependant, après traitement avec l’ARNm NTRK2 complet, ils ont produit davantage de nouveaux vaisseaux sanguins et ont formé un système vasculaire plus organisé et plus sain.
Selon l’auteur principal de l’étude, le professeur Mingxia Gu de l’École de médecine David Geffen de l’UCLA,
« Notre travail montre que la dysplasie broncho-pulmonaire est plus qu’une simple complication de la naissance prématurée. La maladie progresse lorsque le système de réparation naturelle des poumons est bloqué. »
Mingxia Gu, professeur d’anesthésiologie et de médecine périopératoire à l’UCLA
Les chercheurs prévoient désormais de mener des études précliniques supplémentaires pour évaluer la sécurité à long terme de cette thérapie et affiner le dosage, dans l’optique de pouvoir l’adapter un jour aux nourrissons humains. Ils envisagent également d’explorer si des stratégies similaires ciblant les isoformes génétiques pourraient être bénéfiques dans d’autres maladies impliquant des lésions des vaisseaux sanguins.
L’étude a été publiée dans la revue Cell Stem Cell.
Les autres auteurs de l’UCLA sont Yunpei Zhang, Xiangdi Mao, Anmin Wang, Wusiman Maihemuti, Omar Milbes, Kavya Pandrangi, Colin Patrick Johnson et Varun Sekar. Une liste complète des auteurs est disponible dans l’article.
Ce travail a été financé par la Cincinnati Children’s Research Foundation, les National Institutes of Health et l’American Heart Association.
Pour aller plus loin
