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Inde SIR : Un demi-milliard d’électeurs. Une liste. Juste sept semaines pour tout nettoyer

Publié le 25 décembre 2025 03:41:00. L'Inde, la plus grande démocratie du monde, est engagée dans une opération colossale de mise à jour de ses listes électorales, un processus complexe et urgent avant les prochaines élections générales. Près…

Inde SIR : Un demi-milliard d’électeurs. Une liste. Juste sept semaines pour tout nettoyer

Publié le 25 décembre 2025 03:41:00. L’Inde, la plus grande démocratie du monde, est engagée dans une opération colossale de mise à jour de ses listes électorales, un processus complexe et urgent avant les prochaines élections générales.

  • Près d’un milliard d’électeurs doivent être recensés et leurs informations vérifiées.
  • Des dizaines de milliers de fonctionnaires sont mobilisés pour saisir manuellement les données, avec des délais serrés.
  • L’opération suscite des inquiétudes quant à l’exclusion potentielle de certains électeurs et à la pression exercée sur les agents chargés de la mise à jour.

Une vaste campagne de révision des listes électorales est en cours à travers l’Inde. Cette mise à jour, d’une ampleur sans précédent, vise à refléter les mouvements de population, à éliminer les électeurs décédés et à lutter contre les inscriptions frauduleuses. Douze États et territoires de l’Union, représentant environ 500 millions d’habitants, sont concernés par cette première phase, lancée début novembre.

La dernière mise à jour des listes électorales remonte à 2003. Les autorités indiennes estiment qu’une révision s’impose pour tenir compte des changements démographiques importants survenus depuis, notamment l’exode rural et l’augmentation de la mortalité. Le processus est cependant semé d’embûches, notamment en raison de la complexité de la bureaucratie indienne et des difficultés rencontrées pour obtenir les documents nécessaires à la vérification des électeurs.

Plus de 500 000 fonctionnaires, dont des enseignants comme Prem Lata, sont impliqués dans cette tâche titanesque. Mme Lata, basée à Noida, près de la capitale New Delhi, témoigne de la pression et du stress liés à cette mission. Elle se lève à cinq heures du matin et travaille souvent tard dans la nuit, pour une prime mensuelle de 1 000 roupies (environ 11 €).

« Il y a beaucoup de stress et de pression… et pas assez de temps »,

Prem Lata, enseignante

Elle ajoute :

« Nous passons toute la journée à faire ça, et même jusqu’à minuit ou une heure du matin, donc bien sûr il y a du stress et mon corps me fait mal. C’est un corps humain après tout, pas une machine. »

Prem Lata, enseignante

Dans l’Uttar Pradesh, l’État le plus peuplé du pays, les agents de terrain sont confrontés à des défis particuliers. Ils doivent vérifier les données de près de 500 millions d’électeurs dans un délai initialement fixé au réveillon du Nouvel An, une échéance qui a été prolongée à plusieurs reprises. De nombreux électeurs ont déménagé, changé de nom ou sont décédés, ce qui complique la tâche des agents de terrain.

L’opération de révision des listes électorales est également scrutée de près par l’opposition, qui accuse le gouvernement nationaliste hindou d’utiliser ce processus pour exclure les minorités. Le gouvernement nie ces accusations. Des plaintes ont été déposées concernant des électeurs injustement déclarés décédés, et plusieurs poursuites judiciaires ont été engagées contre des agents pour négligence présumée. Selon les données parlementaires, plus d’une douzaine de travailleurs électoraux se seraient même suicidés sous la pression.

Geeta Rana, 40 ans, illustre les difficultés rencontrées par de nombreux électeurs. Elle a déménagé depuis la dernière mise à jour des listes et a pris le nom de son mari. Ses parents sont décédés et elle ne se souvient plus dans quelle circonscription ils étaient inscrits, une information indispensable pour vérifier son droit de vote.

« Ma fille a 19 ans, elle s’inscrit donc sur les listes électorales cette année »,

Geeta Rana

dit-elle.

« Mais son vote serait lié au mien, et si le mien n’est pas vérifié, alors ce n’est pas seulement mon vote qui sera perdu, c’est le sien aussi. »

Geeta Rana

Le ministre indien de l’Intérieur, Amit Shah, a défendu le processus, affirmant qu’il s’agit simplement d’une vérification des électeurs légitimes. Il a interrogé le Parlement sur la nécessité d’empêcher les personnes décédées de figurer sur les listes électorales et de permettre à un même individu de voter à plusieurs endroits.

L’Inde a révisé ses listes électorales nationales huit fois depuis son indépendance en 1947. La dernière révision, en 2003, portait sur un électorat d’environ 600 millions de personnes. Les prochaines élections générales, prévues en 2029, devraient voir un nombre d’électeurs considérablement plus élevé, ce qui rend cette opération de mise à jour d’autant plus cruciale.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.