Le pape Léon a lancé un appel vibrant à la compassion universelle lors de son traditionnel message « Urbi et Orbi » de Noël, exhortant les dirigeants et les citoyens à se soucier des plus vulnérables, des migrants aux victimes des conflits armés. Son allocution, prononcée depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre, a réaffirmé l’importance de l’empathie et de la solidarité au cœur de la foi chrétienne.
Devant une foule immense rassemblée sur la place Saint-Pierre, le pape a souligné que la naissance de Jésus, lui-même né dans la précarité, exige un rejet de l’indifférence et de l’exclusion. Il a insisté sur la nécessité d’accueillir les étrangers et de prendre soin des plus démunis, affirmant que la foi perd de sa substance lorsqu’elle est déconnectée de la compassion.
L’attention du Saint-Père s’est particulièrement portée sur la situation désastreuse à Gaza, où il a plaidé pour un cessez-le-feu immédiat et un regain d’efforts en faveur de la paix. Il a également évoqué les conflits persistants en Ukraine, en Syrie, au Yémen et dans certaines régions d’Afrique, déplorant les souffrances infligées aux populations civiles et critiquant le manque de priorité accordé au dialogue et à l’aide humanitaire par les dirigeants mondiaux.
Le thème de l’immigration a occupé une place centrale dans le discours. Le pape Léon a rappelé que les migrants et les réfugiés sont souvent contraints de fuir leur foyer à cause de la guerre, de la pauvreté ou des catastrophes naturelles, leur sort faisant écho à celui de la Sainte Famille en quête de refuge après la naissance de Jésus. Il a mis en garde contre les discours politiques qui diabolisent les migrants, les considérant comme une menace plutôt que comme des êtres humains.
S’inspirant de son prédécesseur, le pape François, Léon a encouragé les chrétiens à suivre l’exemple de Jésus et à se rapprocher de la souffrance humaine. « Parfois, nous sommes tentés de rester à distance face à la misère. Pourtant, Jésus veut que nous la touchions… Il espère que nous cesserons de nous réfugier dans des cercles étroits et que nous nous engagerons dans la réalité de la vie des autres, découvrant ainsi la force de la tendresse », a-t-il déclaré.
Le pape a également dénoncé la pauvreté et les inégalités croissantes, qui touchent particulièrement les enfants et les personnes âgées, appelant à un engagement renouvelé en faveur de la justice sociale et de la protection des plus démunis. « Nous ne servons pas un maître exigeant, mais une présence qui inspire le bien, qui est efficace sans en revendiquer le monopole. C’est le chemin de la mission : un chemin vers les autres. »
Ce discours de Noël, un moment fort du calendrier catholique, a réaffirmé les valeurs prônées par Léon depuis son accession au pontificat : une foi chrétienne authentique se mesure à l’amour, à l’hospitalité et à la sollicitude envers ceux qui sont dans le besoin, et non au pouvoir ou à l’exclusion.