Les marchés financiers pourraient bien connaître un « rallye de Noël » d’ici le 5 janvier, une période traditionnellement favorable aux investisseurs. Toutefois, malgré des performances solides ces dernières années, des signaux contradictoires et une dépendance croissante à l’égard du secteur technologique pourraient assombrir les perspectives pour 2026.
Historiquement, selon Citadel Securities, le marché a enregistré des gains entre le 24 décembre et le 5 janvier environ 75 % des années depuis 1928. Après une année 2022 négative, marquée par une hausse rapide des taux d’intérêt de la Réserve fédérale pour lutter contre l’inflation, le S&P 500 (SPX) a rebondi avec des gains significatifs : +24,23 % en 2023 et +23,31 % en 2024.
L’année 2025 pourrait se conclure avec un rendement positif d’environ 17 %. Cependant, 2024 a vu un rallye de Noël absent, avec un rendement négatif de -0,9 % pour le SPX, selon Carson Investment Research. Un échec similaire cette année serait statistiquement rare, car il n’y a jamais eu trois années consécutives sans rallye de Noël. Seules 2015 et 2016 ont connu deux années consécutives de résultats négatifs depuis l’an 2000.
La récente baisse des taux d’intérêt de 25 points de base, ramenant le taux directeur dans une fourchette cible de 3,50 % à 3,75 % (contre 4,33 % fin 2024), pourrait favoriser un rebond. Néanmoins, d’autres facteurs entrent en jeu.
L’engouement actuel pour l’intelligence artificielle (IA) soulève des questions sur la pérennité de la croissance boursière. Le Wall Street Journal a révélé qu’OpenAI, une entreprise d’IA non rentable, cherche à lever 100 milliards de dollars (valorisation potentielle de 830 milliards de dollars), malgré des pertes nettes d’environ 5 milliards de dollars en 2024, qui pourraient doubler en 2025 pour atteindre 9 milliards de dollars. Anthropic, un concurrent d’OpenAI, prévoit d’atteindre la rentabilité en 2028.
Selon Dealogic, le secteur technologique mondial a émis 428,3 milliards de dollars d’obligations en 2025, dont 341,8 milliards de dollars aux États-Unis, en raison de l’investissement massif dans les puces d’IA et les centres de données. Cela nécessite également des mises à niveau importantes des infrastructures énergétiques.
Ce flux massif de capitaux alimente le marché boursier, où le secteur technologique représente désormais 34 % du S&P 500. Apple a récemment franchi la barre des 3 000 milliards de dollars de capitalisation boursière fin octobre, illustrant cette domination.
Cependant, le réinvestissement constant nécessaire pour les centres de données, avec le remplacement régulier des puces Nvidia, pourrait empêcher une stabilisation significative de ces capitaux. Le marché pourrait ainsi entrer dans une spirale d’investissement auto-entretenue.
Par ailleurs, les tensions commerciales semblent s’apaiser, les droits de douane imposés par l’administration Trump ayant généré 124,5 milliards de dollars de recettes entre janvier et septembre 2025, selon le modèle budgétaire de Penn Wharton. Reste à savoir si ce réalignement tarifaire aura un impact positif sur l’économie américaine et son marché boursier, alors que le secteur manufacturier américain est en contraction depuis neuf mois consécutifs (indice PMI de novembre).
S&P Global a également annoncé la plus faible augmentation des nouvelles commandes depuis 20 mois, et la croissance de l’emploi a été la deuxième plus faible des huit derniers mois. Les faillites ont augmenté de 10,6 % au cours des douze mois se terminant le 30 septembre 2025, selon les données du bureau administratif des tribunaux américains.
En conclusion, bien qu’un deuxième échec consécutif du rallye de Noël serait statistiquement inhabituel, même un rallye réussi pourrait masquer des faiblesses structurelles sous-jacentes. Le marché actuel est davantage influencé par des dynamiques algorithmiques et une dépendance aux liquidités que par un optimisme économique réel. Les investisseurs peuvent s’attendre à des gains tirés par les géants de la technologie, mais il est crucial de rester conscient des risques liés à un marché de plus en plus artificiel.
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