Home AffairesRIP à la carte de Noël… et une petite partie de nous est morte avec elle

RIP à la carte de Noël… et une petite partie de nous est morte avec elle

by Amélie Bernard

Publié le 27 décembre 2023 07:14:00. La tradition des cartes de Noël, autrefois omniprésente, semble s’éteindre progressivement, victime de la numérisation et des contraintes économiques. Un constat teinté de nostalgie pour une coutume qui tissait des liens sociaux uniques.

  • Le nombre de cartes de Noël envoyées et reçues diminue inexorablement depuis des décennies.
  • L’essor d’Internet et des réseaux sociaux offre des alternatives de communication plus rapides et moins coûteuses.
  • L’augmentation du prix des timbres et le contexte économique actuel contribuent à l’abandon de cette tradition.

Comme le disait un personnage du romancier Ernest Hemingway, la faillite survient « de deux manières : peu à peu, puis soudainement ». Cette phrase résonne étrangement avec la disparition progressive, puis abrupte, des cartes de Noël. Cette année, l’auteur de ces lignes n’en a ni envoyé, ni reçu une seule. Un symbole frappant de la fin d’une époque.

Cette tendance n’est pas isolée. Partout dans le monde, la carte de Noël perd du terrain face à la communication numérique. La raison la plus évidente est l’omniprésence d’Internet, des réseaux sociaux et des messageries instantanées. Il est désormais possible de rester en contact permanent avec ses proches, même ceux que l’on a perdus de vue depuis longtemps. Une simple notification suffit à transmettre ses vœux, rendant la carte de Noël presque superflue.

Mais il y a plus. La vie moderne, exacerbée par les effets de la pandémie, nous a repliés sur nous-mêmes. Le temps manque, et nous avons tendance à privilégier les solutions rapides et faciles. Envoyer une carte de Noël, qui demande du temps et de l’attention, est perçu comme une corvée, alors qu’il s’agissait autrefois d’un rituel annuel.

Les échanges en ligne, souvent superficiels, manquent de la profondeur, du sacrifice et de la connexion particulière qu’apportait une carte de Noël manuscrite. C’est une forme d’évasion, une manière de se décharger d’une obligation sociale sans pour autant rompre le lien.

L’auteur avoue d’ailleurs son propre rôle dans cette extinction. Il se sentait coupable d’envoyer des cartes, craignant de contraindre ses destinataires à faire de même avant la date limite.

« Ma mère avait un ami d’enfance qui avait émigré depuis longtemps au Canada, et chaque année, nous recevions des informations sur les enfants qui étaient allés dans quelle université et qui s’étaient mariés. Je n’avais aucune idée de qui ils étaient, mais ma mère a toujours aimé les lire et a probablement envoyé des nouvelles de notre famille. »

Auteur

L’auteur se souvient de son enfance, où les cartes de Noël affluaient et s’entassaient sur la cheminée, sur le dessus de la télévision, et sur tous les meubles disponibles. Parfois, une ficelle était tendue pour accrocher les cartes supplémentaires. Une tradition qui a disparu, laissant un vide dans le décor et dans les cœurs.

Outre la communication instantanée, le coût des timbres a considérablement augmenté ces dernières années, alors que La Poste tente de maintenir ses activités dans un marché en déclin. Un timbre-lettre national standard coûte désormais 1,65 € (contre 0,26 £ en 1990 et 0,60 £ en 2014), et un timbre-lettre international atteint 2,65 €. Envoyer une trentaine de cartes en Irlande et une dizaine à l’étranger représente une dépense de 76 € avant même l’achat des cartes, une somme non négligeable en période de crise économique.

« Oui, il est plus rapide, plus facile et moins cher d’abandonner les cartes tout en transmettant votre message à vos amis et à votre famille… mais c’est tout simplement un déclassement. »

Auteur

La disparition de la carte de Noël est donc le résultat d’une tempête parfaite. C’est une perte, un appauvrissement de nos traditions et de nos liens sociaux. Même si les alternatives numériques sont pratiques et économiques, elles ne peuvent remplacer la chaleur et la sincérité d’une carte de Noël manuscrite.

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