Malgré une année 2025 marquée par des tensions commerciales et des revirements de la Réserve fédérale américaine, les marchés ont fait preuve de résilience, récompensant les investisseurs prudents. L’indice de volatilité VIX, baromètre de la peur des marchés, a connu des pics, mais a terminé l’année à un niveau modéré, témoignant d’une capacité de rebond notable.
L’année a débuté dans un climat d’optimisme, porté par des indicateurs économiques encourageants et des anticipations de déréglementation et de baisses d’impôts. Le VIX oscillait alors entre 14 et 22, un niveau considéré comme normal. Cependant, cette sérénité a été perturbée au premier trimestre par une escalade de la rhétorique commerciale américaine, notamment par les déclarations du conseiller commercial de la Maison Blanche, Peter Navarro.
La véritable secousse est survenue début avril, avec le désormais appelé « Jour de la Libération ». En seulement huit séances de bourse, le VIX a bondi de moins de 17 à plus de 60, tandis que le S&P 500 chutait de plus de 10 % en deux jours – sa plus forte baisse depuis le krach de 1987. Techniquement, l’indice a maintenu son plus haut historique atteint début 2022, à 4 818 points.
Ce pic de volatilité a rapidement été suivi d’un rebond tout aussi spectaculaire. Le président Trump a évoqué un marché obligataire « joyeux » le 9 avril, marquant le début d’une tendance que les observateurs ont surnommée le commerce « TACO ». Les investisseurs, privilégiant l’analyse des tendances de prix plutôt que les considérations politiques, ont été récompensés.
L’indice MOVE, qui mesure la volatilité des obligations du Trésor américain, a également connu une forte baisse, passant de 140 à moins de 60. Historiquement, un VIX dépassant les 60 signale des opportunités d’achat, et avril 2025 n’a pas dérogé à la règle, avec un rallye général de plus de 35 %.
L’été a été marqué par des tensions autour de la politique monétaire américaine. Un rapport sur l’emploi décevant en juillet a incité le président Trump à demander le limogeage du directeur du Bureau of Labor Statistics. La démission de l’ancienne gouverneure de la Fed, Adriana Kugler, a ajouté à l’incertitude. Le président Trump a exercé des pressions sur le président de la Fed, Jerome Powell, allant jusqu’à évoquer son possible remplacement.
En octobre, de nouvelles craintes concernant une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, ainsi que des commentaires alarmistes du PDG de JPMorgan Chase, Jamie Dimon, sur les « cafards » potentiels dans le système financier, ont ravivé la volatilité. Les banques régionales ont de nouveau été scrutées. Le VIX a atteint 28,99, mais les traders ont rapidement ignoré ces signaux.
La Fed est revenue au centre des préoccupations à la fin de l’année, avec des données d’inflation persistantes et un marché du travail fragile. Des divisions sont apparues au sein du Comité fédéral de la politique monétaire (FOMC). Lors de sa conférence de presse du 29 octobre, Jerome Powell a souligné que la réduction des taux d’intérêt en décembre n’était pas garantie. Le marché a commencé à anticiper la possibilité d’un troisième trimestre consécutif sans baisse des taux, tandis que les investisseurs se désengageaient des actions liées à l’intelligence artificielle.
Cependant, le président de la Réserve fédérale de New York, John Williams, a apaisé les craintes, ouvrant la voie à une nouvelle baisse des taux en décembre. En fin de compte, l’année 2025, malgré ses turbulences, peut être considérée comme étonnamment normale, avec une baisse maximale du marché de 19 % et un rendement total annuel estimé entre 15 et 20 %.
La leçon principale de cette année est que les investisseurs ont eu intérêt à ignorer le bruit médiatique et à se concentrer sur l’évolution des prix. Cette stratégie reste pertinente, et devrait l’être encore en 2026, compte tenu du contexte politique actuel. Privilégier l’analyse graphique à l’écoute des informations pourrait bien être la meilleure résolution du Nouvel An.
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