Publié le 26 décembre 2023 16:32:00. Les autorités cubaines se disent optimistes quant au contrôle de l’épidémie d’arbovirus qui frappe l’île, malgré la persistance de nombreux cas et les séquelles durables pour une partie de la population.
- Les modèles mathématiques présentés par des experts indiquent un ralentissement de l’épidémie de dengue et de chikungunya à Cuba.
- Plus de 2 800 cas de chikungunya restent actifs dans 134 municipalités, et de nombreux patients souffrent de complications à long terme.
- Les provinces de Guantánamo, Las Tunas, Santiago de Cuba, Pinar del Río et Artemisa sont particulièrement touchées.
Le président cubain Miguel Díaz-Canel Bermudez a affirmé ce vendredi que les mesures prises par son gouvernement pour lutter contre l’épidémie d’arbovirus commencent à porter leurs fruits. Sur le réseau social X, il a déclaré :
« Lors d’une réunion d’experts et de scientifiques, on a présenté des modèles mathématiques qui indiquent le confinement de l’épidémie d’arbovirus dans le pays. Les mesures portent leurs fruits et nous n’allons pas baisser la garde. Nous poursuivons le système de travail que nous avons mis en place. »
Miguel Díaz-Canel Bermudez, président cubain
Cette déclaration intervient après une réunion tenue le 24 décembre au Palais de la Révolution avec des scientifiques et des experts du Ministère de la Santé publique (MINSAP). Ils ont rapporté une tendance à la baisse des cas de dengue et de chikungunya. Les experts du MINSAP indiquent que Cuba enregistre huit semaines consécutives de réduction des diagnostics d’arbovirus.
Cependant, la situation reste préoccupante. La plupart des provinces cubaines, à l’exception de Matanzas, Granma et Isla de la Juventud, demeurent dans la zone endémique de l’épidémie. Le mathématicien Raúl Guinovart Díaz estime que la situation pourrait être contrôlée entre janvier et février, à condition que les conditions environnementales ne se détériorent pas. Il a souligné que les modèles de prévision « pointent vers une tendance à l’amélioration ».
Malgré cet optimisme prudent, plus de 2 800 cas de chikungunya persistent dans 134 municipalités. Les provinces de Guantánamo, Las Tunas, Santiago de Cuba, Pinar del Río et Artemisa présentent des taux d’incidence supérieurs à la moyenne nationale. Par ailleurs, les autorités sanitaires reconnaissent que plus de 60 % des patients à Matanzas ont recours à des traitements de rééducation ou à la médecine traditionnelle trois mois après l’infection.
Au-delà des chiffres, de nombreux Cubains continuent de souffrir des séquelles à long terme de l’infection, notamment des douleurs articulaires chroniques et une fatigue persistante. La situation souligne la nécessité d’une prise en charge durable des patients convalescents.
La publication de Díaz-Canel sur X a suscité des réactions diverses, dont une critique acerbe d’un utilisateur qui a commenté :
« Il est nécessaire que ces experts et scientifiques créent un modèle qui dise combien de temps durera cette vie que vous avez imposée aux Cubains. »
Sur le même sujet
