Publié le 26 février 2024 à 14h35. Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence lundi, suite à la décision historique d’Israël de reconnaître le Somaliland, une région sécessionniste de la Somalie, suscitant de vives critiques et des inquiétudes quant à la stabilité régionale.
- Israël est devenu le premier pays à reconnaître officiellement le Somaliland comme État indépendant.
- 21 pays à majorité musulmane ont mis en garde contre les « conséquences graves » de cette reconnaissance pour la paix et la sécurité en Afrique de l’Est et en mer Rouge.
- La Somalie dénonce une violation de sa souveraineté et une attaque « délibérée » et « illégale ».
La reconnaissance du Somaliland par Israël intervient à un moment de tensions géopolitiques croissantes dans la région de la Corne de l’Afrique et alors que la Somalie assure la présidence tournante du Conseil de sécurité de l’ONU. Cette décision a provoqué une onde de choc diplomatique, plusieurs pays exprimant leur préoccupation face à ses implications potentielles.
Vendredi, Israël a franchi le pas en accordant une reconnaissance officielle au Somaliland, une région qui a déclaré son indépendance de la Somalie en 1991, mais qui n’a jamais été reconnue internationalement. Le Somaliland, peuplé de quelques millions d’habitants, fonctionne de facto comme un État indépendant depuis plus de trois décennies, mais son statut juridique reste flou.
La décision israélienne a été prise dans le cadre des « Accords d’Abraham », initiés par l’administration Trump en 2020, qui ont vu la normalisation des relations entre Israël et plusieurs pays arabes, notamment les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que cette reconnaissance s’inscrivait dans la continuité de ces accords.
Cependant, cette initiative a suscité de vives réactions. Dans une déclaration commune, 21 pays à majorité musulmane, dont le Qatar et l’Organisation de la coopération islamique, ont dénoncé une « grave violation des principes du droit international » et ont mis en garde contre les « conséquences graves » pour la paix et la sécurité en Afrique et en mer Rouge. Ils ont également rejeté tout lien entre cette reconnaissance et les efforts visant à déplacer les Palestiniens de la bande de Gaza, actuellement ravagée par la guerre entre Israël et le Hamas.
« Cette reconnaissance représente une grave violation des principes du droit international et menace la stabilité de la région. »
Déclaration commune des 21 pays à majorité musulmane
Le ministre des Affaires étrangères du Somaliland, Abdirahman Dahir Adam, a tenté de minimiser les tensions, affirmant à la Douzième chaîne de télévision israélienne que la reconnaissance par Israël n’était pas liée au conflit à Gaza. Il a souligné que cette décision était le fruit de longues négociations et d’intérêts mutuels.
La Somalie, quant à elle, a fermement condamné la reconnaissance du Somaliland, la qualifiant d’attaque « délibérée » et « illégale » contre sa souveraineté. Le gouvernement somalien a promis de défendre son intégrité territoriale et de contester cette décision sur la scène internationale.
Il est à noter que les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc, signataires des Accords d’Abraham, ne figuraient pas parmi les signataires de la déclaration commune des 21 pays à majorité musulmane, ce qui suggère une divergence d’opinions au sein de la communauté internationale sur cette question délicate.
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