Home SantéDévelopper une stratégie dans le but de construire un Vietnam sain.

Développer une stratégie dans le but de construire un Vietnam sain.

by Sophie Martin

Le secteur de la santé vietnamien s’engage dans une profonde transformation institutionnelle, avec 2025 comme année charnière pour le développement de nouvelles politiques et réglementations. L’objectif : passer d’une approche axée sur le traitement des maladies à une stratégie proactive de prévention et de promotion de la santé pour tous les citoyens.

Au cours de l’année écoulée, une série de décisions importantes ont été prises au plus haut niveau de l’État. Le 10 avril 2025, le Bureau Politique a adopté la Résolution n° 149-KL/TW, visant à mettre en œuvre la Résolution n° 21-NQ/TW du 12e Congrès du Parti Communiste sur la politique démographique. Le 9 septembre 2025, une autre résolution du Bureau Politique, la n° 72-NQ/TW, a été publiée, proposant des solutions innovantes pour renforcer la protection, les soins et l’amélioration de la santé de la population. Enfin, le Secrétariat a émis la Directive n° 52-CT/TW le 3 octobre 2025, concernant la mise en œuvre de l’assurance maladie universelle.

Ces directives politiques se traduisent concrètement par un ensemble de mesures législatives et réglementaires. Onze décrets, deux résolutions gouvernementales et quatre décisions du Premier ministre ont été adoptés pour moderniser les procédures d’achat, d’appel d’offres, de facturation de l’assurance maladie, d’autorisation de distribution de médicaments et de tarification des services médicaux.

L’Assemblée Nationale a également joué un rôle clé, adoptant lors de sa 10e session la loi sur la population, la loi sur la prévention des maladies, ainsi qu’une résolution sur des mécanismes spécifiques pour améliorer la santé publique et un plan d’investissement pour le programme national cible Santé-Population-Développement pour la période 2026-2035. La nouvelle loi sur la prévention des maladies est particulièrement importante, car elle aborde le double défi posé par les maladies infectieuses et la montée en flèche des maladies non transmissibles, telles que le cancer, les maladies cardiovasculaires, le diabète et les troubles mentaux.

Selon la ministre de la Santé, Dao Hong Lan, la Résolution n° 72-NQ/TW est d’une importance stratégique. « Cette résolution est orientée vers l’action et contient de nombreuses mesures complémentaires et de renforcement qui étoffent les lignes directrices et stratégies antérieures », a-t-elle déclaré. Elle vise à surmonter les obstacles rencontrés dans la pratique et à créer une base solide pour la santé de chaque citoyen.

Un changement de paradigme majeur est en cours : l’accent est désormais mis sur la prévention plutôt que sur le traitement. Le secteur de la santé s’engage à fournir des soins complets, intégrant les dimensions physique, mentale et sociale. Les soins primaires et la médecine préventive sont au cœur de cette nouvelle approche, avec un accès facilité aux services de santé de qualité au niveau des postes de santé communautaires.

Le ministère de la Santé travaille à renforcer les ressources allouées aux soins primaires et à la prévention, notamment en termes de personnel, d’infrastructures, de médicaments et de financement. Un plan est en cours pour déployer temporairement au moins 1 000 médecins par an dans les postes de santé communautaires entre 2025 et 2030, avec pour objectif d’atteindre un minimum de quatre à cinq médecins à temps plein par unité d’ici 2027.

Dès 2026, un programme national de bilan de santé sera lancé, offrant à chaque citoyen au moins un examen de santé gratuit par an. Les données collectées seront intégrées dans des dossiers de santé électroniques, contribuant ainsi à l’amélioration de la gestion de la santé individuelle et à la cohérence avec le projet gouvernemental 06 sur le développement des données démographiques et l’identification électronique.

Le ministère de la Santé se félicite des progrès réalisés, affirmant que le secteur atteindra les trois objectifs clés du Plan de développement socio-économique 2025 fixé par l’Assemblée Nationale, ainsi que huit des neuf objectifs sectoriels et spécialisés définis par le gouvernement.

Malgré ces avancées, des défis subsistent. Des inégalités régionales et locales persistent en matière d’accès aux soins de santé, les soins primaires ne sont pas encore suffisamment développés, et la prévention reste sous-financée. Il est donc impératif de continuer à améliorer le cadre institutionnel, de mettre en œuvre efficacement la législation et d’optimiser le système de santé, en garantissant une coordination fluide entre les différents niveaux de soins.

En parallèle de l’amélioration de la qualité des soins, le secteur de la santé se concentre sur le renforcement de la surveillance épidémiologique, du contrôle des épidémies, de la sécurité sanitaire et de la réponse aux urgences de santé publique. Des programmes visant à améliorer l’espérance de vie, la nutrition et la santé scolaire sont également en cours de développement, ainsi que des initiatives pour créer des environnements sains et sûrs dans les communautés, les écoles et les lieux de travail.

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