Publié le 29 décembre 2025 à 01:55:00. L’Europe fait face à des disparités croissantes en matière de pensions, avec des niveaux de revenus à la retraite variant considérablement d’un pays à l’autre. En Croatie, le coût de la vie élevé, combiné à des pensions modestes, met une pression considérable sur le pouvoir d’achat des retraités.
- Les retraites varient considérablement au sein de l’Union européenne, de 3 377 € par an en Turquie à 38 031 € en Islande.
- La Croatie se situe parmi les pays européens offrant les pensions les plus basses, avec une moyenne annuelle de 5 570 €.
- Le coût de la vie en Croatie, en particulier le prix des denrées alimentaires, reste élevé malgré les faibles revenus des retraités.
Les systèmes de retraite européens sont de plus en plus mis à l’épreuve par le vieillissement de la population et les contraintes budgétaires. Une analyse récente d’Eurostat, reprise par Euronews, révèle des écarts considérables entre les pays en matière de revenus de retraite, soulignant un défi macroéconomique majeur pour l’Union européenne.
En 2023, les retraites annuelles brutes moyennes ont atteint 38 031 € en Islande, suivies par le Luxembourg, le Danemark et la Norvège. À l’inverse, la Turquie affiche le niveau le plus bas avec 3 377 € par an, tandis que la Bulgarie et la Roumanie se trouvent également en bas de l’échelle. La moyenne européenne s’élève à 17 321 € (environ 1 443 € par mois avant impôts), mais ce chiffre masque des inégalités importantes : les pensions les plus élevées sont presque dix fois supérieures aux plus faibles.
Cependant, le montant nominal des pensions ne reflète pas toujours la réalité du pouvoir d’achat. Le coût de la vie, notamment le prix des aliments, doit également être pris en compte. La Suisse se distingue comme le pays le plus cher en matière de nourriture, avec un indice de 160 (l’UE étant à 100), suivie par l’Islande et la Norvège. C’est là que le pouvoir d’achat standard (PPS) devient essentiel. Une fois ajustées au coût de la vie, les différences entre les pays s’amenuisent.
L’Espagne illustre bien ce phénomène. Bien qu’elle ne se classe qu’au 13ème rang en termes de montant nominal des pensions, elle se hisse au quatrième rang en termes de pouvoir d’achat grâce à un coût de la vie plus abordable que dans les pays scandinaves. Les systèmes de retraite européens, façonnés par des choix historiques et des compromis politiques, sont aujourd’hui soumis à des pressions considérables. Les pays scandinaves et ceux du Benelux ont réussi à maintenir des retraites plus élevées grâce à une combinaison de régimes publics solides et de fonds privés.
La Croatie, malheureusement, se situe dans la catégorie des pays où les retraites sont les plus basses. Selon l’analyse, la Croatie se classe 28ème sur 35 pays européens, avec une pension annuelle moyenne de 5 570 €, à un niveau comparable à celui de la Roumanie, de la Lituanie et de la Slovaquie. Ce qui aggrave la situation en Croatie, comme le souligne Lider.hr, c’est le coût de la vie. Malgré des pensions modestes, les prix des denrées alimentaires en Croatie sont presque identiques à la moyenne européenne (indice de 100,7). Les retraités croates paient donc des prix similaires à ceux des pays beaucoup plus riches, tout en percevant des pensions environ trois fois inférieures à la moyenne de l’UE.
Cette situation exerce une pression énorme sur le niveau de vie des personnes âgées. Contrairement aux retraités d’Europe occidentale, les retraités croates ne peuvent pas compter sur un fort pouvoir d’achat ou sur un marché intérieur dynamique pour compenser l’augmentation des prix. Les experts soulignent que les systèmes de retraite basés sur la solidarité intergénérationnelle sont confrontés à une réalité mathématique difficile. Dans les années 1950, sept travailleurs cotisaient pour chaque retraité. Aujourd’hui, ce ratio est tombé à environ trois, et devrait encore diminuer pour atteindre deux d’ici 2050.
Certains pays ressentent déjà les conséquences de ce déséquilibre. L’Italie et la Grèce consacrent désormais plus de 16 % de leur PIB aux seules retraites, limitant ainsi leur capacité à investir dans l’éducation, l’innovation et la croissance à long terme. Pour la Croatie, le défi est clair : sans une réforme significative et une stratégie globale visant à améliorer à la fois l’adéquation des retraites et le coût de la vie, l’écart entre les attentes et la réalité risque de s’aggraver.
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