Publié le 29 décembre 2025 05:00:00. L’attrait des courtes vidéos sur les réseaux sociaux, comme Instagram, cache un piège insidieux : le « doomscrolling », une spirale d’anxiété et de stress alimentée par la recherche compulsive d’informations, souvent négatives. Les experts alertent sur l’impact croissant de ce phénomène sur la santé mentale.
- Le cerveau est récompensé par la libération de dopamine lors de la consultation de vidéos courtes, créant une dépendance.
- Le « doomscrolling » peut générer de l’anxiété, du stress et, dans certains cas, des troubles mentaux plus graves.
- Des mesures simples, comme limiter l’utilisation du téléphone avant de se coucher et se questionner sur l’objectif de son utilisation, peuvent aider à reprendre le contrôle.
Qui n’a pas succombé, ces derniers temps, à la tentation de passer de longues minutes à scroller sur Instagram, absorbé par un flux incessant de courtes vidéos ? Ce qui peut sembler être un simple passe-temps se transforme, pour beaucoup, en une habitude chronophage. Selon Héctor Kott, spécialiste des technologies, « notre cerveau se sent récompensé chaque fois que nous regardons une nouvelle vidéo, libérant de la dopamine, cette hormone du bonheur », ce qui encourage la répétition de ce cycle.
Le problème ne se limite pas au temps perdu. L’inquiétude grandit face aux conséquences de cette pratique sur la santé mentale. « Ce cycle de récompense peut conduire au doomscrolling – un phénomène où l’on continue à faire défiler sans s’arrêter, pris au piège d’un flot de contenus auquel il est difficile d’échapper », explique Kott. Il ajoute : « Le plus préoccupant est que cela peut affecter votre santé mentale, en générant de l’anxiété et du stress. »
Le terme « doomscrolling », popularisé pendant la pandémie de COVID-19, désigne la consommation excessive d’informations (souvent négatives) ou de contenus interminables sur les réseaux sociaux. Ce qui commence comme une simple curiosité peut rapidement se transformer en une boucle d’inquiétude et de dépendance émotionnelle. Le Centre de Psychologie de Bilbao met en garde contre cette surexposition aux contenus numériques, qui active des hormones comme le cortisol, directement liées au stress. Durant les périodes de confinement, de nombreuses personnes sont tombées dans cette dynamique, avec des conséquences significatives sur leur état émotionnel. « La prévalence de la dépression, de l’anxiété et du syndrome de stress post-traumatique a considérablement augmenté », conclut une étude menée en Espagne en 2020.
Au-delà du contexte pandémique, les spécialistes soulignent que cette tendance ne s’est pas estompée, mais s’est au contraire intensifiée. L’explication réside dans le fonctionnement même des réseaux sociaux. « La conception des applications est pensée pour nous encourager à consommer ce type de contenu », expliquent les experts du Centre de Psychologie de Bilbao. L’un des mécanismes qui renforcent ce cycle est ce qu’ils appellent la « confirmation émotionnelle » : la tendance inconsciente à rechercher des informations qui valident nos peurs.
Rompre avec ce schéma nécessite une prise de conscience et une volonté délibérée. Les spécialistes recommandent des mesures simples, mais efficaces. Par exemple, limiter l’utilisation du téléphone portable avant de se coucher, en particulier si l’on constate une tendance à se sentir plus anxieux ou irritable. Une autre astuce consiste à se poser la question : à quoi vais-je utiliser mon téléphone ? avant de le déverrouiller. Cette simple interrogation peut aider à reprendre le contrôle. Comme le souligne Héctor Kott, « l’addiction aux réseaux sociaux est une réalité et elle est en augmentation ».
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