Publié le 29 décembre 2025 à 08h02. Samsung pourrait révolutionner le marché des smartphones en intégrant un processeur graphique (GPU) conçu en interne dans ses futurs appareils haut de gamme, marquant une rupture avec sa stratégie actuelle et se rapprochant du modèle d’intégration verticale d’Apple.
- Samsung travaillerait sur une architecture GPU propriétaire pour son futur processeur Exynos 2800.
- Ce changement stratégique vise à optimiser les performances, l’efficacité énergétique et l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans ses smartphones.
- L’entreprise ambitionne de contrôler l’ensemble de la pile logicielle et matérielle, à l’instar d’Apple.
Selon des informations rapportées par le média coréen Hankyung, Samsung aurait finalisé la conception de son propre GPU. Cette annonce signale un abandon de la stratégie consistant à utiliser des technologies sous licence et une orientation vers une approche plus intégrée, similaire à celle adoptée par Apple pour ses puces de la série A. Cette évolution représente le changement graphique le plus ambitieux de Samsung depuis plusieurs années.
En développant une solution sur mesure, Samsung pourrait adapter précisément le cœur graphique, les accélérateurs d’IA, les pilotes et l’interface logicielle One UI pour optimiser les performances par watt, les besoins en calcul liés à l’IA embarquée et la prise en charge des fonctionnalités à long terme. Dans le domaine des smartphones, où la consommation d’énergie est limitée à quelques watts et où la stabilité des fréquences d’images est cruciale, chaque optimisation compte.
L’importance d’un GPU personnalisé réside également dans son impact sur l’IA. Si une part croissante des tâches d’apprentissage automatique est déportée vers les unités de traitement neuronal (NPU), les GPU restent essentiels pour les calculs de précision mixte, les transformateurs et les fonctionnalités génératives accélérées par les graphiques. Un GPU conçu en interne pourrait permettre d’intégrer directement dans la puce la prise en charge d’opérations à faible débit et de techniques de mosaïque, améliorant ainsi la vitesse et l’efficacité de l’IA locale. Samsung pourrait ainsi renforcer l’intégration de ses modèles d’IA, notamment ceux de la famille Samsung Gauss.
Cette décision marque une rupture avec le partenariat actuel de Samsung avec AMD, qui fournit les graphiques basés sur l’architecture RDNA sous la marque Xclipse. Si cette collaboration a apporté des améliorations notables, notamment en matière de ray tracing accéléré par le matériel, les performances à long terme ont été limitées par des problèmes thermiques. Des tests indépendants ont révélé que les smartphones équipés de puces Exynos pouvaient subir des chutes de fréquences d’images plus rapidement que leurs homologues Snapdragon lors de sessions de jeu prolongées, malgré des scores maximaux compétitifs.
Selon Hankyung, Samsung estime qu’un GPU à usage général l’empêche de « mettre pleinement en œuvre » sa feuille de route en matière d’IA et d’atteindre une optimisation logicielle parfaite. Un GPU propriétaire permettrait à l’entreprise de se concentrer sur ses propres charges de travail, plutôt que de s’adapter aux contraintes des GPU conçus à l’origine pour les ordinateurs de bureau. Il est important de noter que cela ne signifie pas nécessairement la fin de la collaboration avec AMD dans d’autres domaines.
Apple sert de modèle en la matière. En contrôlant à la fois l’architecture de son GPU et son API Metal, Apple peut optimiser étroitement l’intégration entre l’iPhone et l’iPad en termes de fonctionnalités et de performances. Lors de la présentation de sa dernière puce de la série A, Apple a vanté une augmentation des performances du GPU allant jusqu’à 20 %, ainsi que l’intégration du ray tracing matériel, grâce à une conception unifiée des pilotes, des compilateurs et des outils.
Samsung ambitionne de reproduire ce modèle en intégrant son GPU personnalisé au sein du pipeline Android Vulkan, de son service d’optimisation de jeux et de ses outils de développement. Cela permettrait également d’harmoniser les fonctionnalités sur tous ses formats d’appareils (téléphones, tablettes, montres connectées et réalité étendue) sans dépendre des feuilles de route de tiers. Hankyung évoque également des applications potentielles au-delà des smartphones, telles que les lunettes intelligentes, les systèmes d’infodivertissement automobile, les plateformes autonomes et même les robots humanoïdes.
Les avantages potentiels pour les performances du Galaxy S28 pourraient inclure des fréquences d’images plus stables, une meilleure autonomie de la batterie pendant les jeux et une IA embarquée plus performante. Imaginez des jeux fonctionnant à 60 ou 120 images par seconde de manière fluide, un ray tracing plus durable avant que la chaleur ne devienne un problème, et des applications de caméra et de création exploitant des modèles génératifs avancés sans aucun ralentissement.
Les tests de performance seront déterminants. Si le GPU personnalisé de Samsung parvient à améliorer la stabilité des tests de résistance tels que 3DMark d’UL, à réduire l’écart de performance lors de charges de travail graphiques intenses et à renforcer les cœurs d’apprentissage automatique dans les contextes graphiques, nous pourrons observer des gains significatifs dans l’utilisation quotidienne. Les améliorations les plus notables pourraient se situer au niveau logiciel : mises à jour plus rapides des pilotes graphiques, moins de problèmes de compatibilité et des API de développement optimisées pour les fonctionnalités exclusives Galaxy.
La conception d’un GPU haut de gamme n’est qu’une partie du défi. Il est également crucial de fournir des pilotes matures, la prise en charge de Vulkan et OpenGL ES, et une compatibilité de jeu irréprochable. Apple, Qualcomm et Nvidia soulignent l’importance du temps nécessaire pour optimiser les compilateurs, les caches de shaders et la gestion de l’alimentation. Samsung devra également convaincre les développeurs dès le début en leur fournissant des kits de développement logiciel (SDK), des outils de profilage et des conseils clairs sur les meilleures pratiques en matière de ray tracing et d’IA.
Les enjeux concurrentiels sont importants. Samsung détient environ 20 % des expéditions mondiales de smartphones, et ses téléphones haut de gamme sont en concurrence directe avec les GPU de Snapdragon et d’Apple. Un GPU interne améliorant considérablement les performances durables et les capacités d’IA constituerait un avantage concurrentiel majeur et réduirait la dépendance de Samsung à l’égard de la propriété intellectuelle externe.
Tout indique que Samsung s’oriente vers un avenir graphique plus audacieux pour sa gamme Galaxy. Si le GPU personnalisé de Samsung est effectivement intégré au S28, il ne s’agira pas seulement d’une modification des spécifications techniques, mais d’une déclaration d’intention claire : contrôler l’ensemble de la pile technologique et révolutionner les graphiques mobiles et l’IA.