Home Santé“La bouche et le cœur sont liés”

“La bouche et le cœur sont liés”

by Sophie Martin

Une nouvelle étude de l’American Heart Association confirme un lien croissant entre la santé bucco-dentaire et le risque de maladies cardiovasculaires graves. Une prévention et un traitement efficaces des maladies des gencives pourraient ainsi contribuer à réduire significativement le nombre de crises cardiaques, d’accidents vasculaires cérébraux et d’autres affections cardiaques.

L’American Heart Association a publié une mise à jour de ses recommandations scientifiques dans sa revue phare, Circulation, soulignant une association de plus en plus claire entre la maladie parodontale et les maladies cardiovasculaires athérosclérotiques (ASCVD). Ces dernières, première cause de décès dans le monde, englobent des pathologies telles que les maladies coronariennes, les accidents vasculaires cérébraux, les maladies artérielles périphériques et les anévrismes de l’aorte.

« La bouche et le cœur sont intimement liés », explique le Dr Andrew H. Tran, cardiologue pédiatre et directeur du programme de cardiologie préventive au Nationwide Children’s Hospital de Columbus, aux États-Unis. « Les maladies parodontales et une hygiène bucco-dentaire insuffisante peuvent permettre aux bactéries de se propager dans la circulation sanguine, déclenchant une inflammation qui endommage les vaisseaux sanguins et augmente le risque de maladies cardiaques. » Un brossage régulier, l’utilisation du fil dentaire et des visites régulières chez le dentiste sont donc essentiels, non seulement pour un sourire sain, mais aussi pour protéger le cœur.

La maladie parodontale est une inflammation chronique qui commence généralement par une gingivite, une inflammation des gencives due à l’accumulation de plaque dentaire. Si elle n’est pas traitée, elle peut évoluer vers une parodontite, où les gencives se rétractent et forment des poches susceptibles de retenir les bactéries et de provoquer une infection. À un stade avancé, la parodontite peut entraîner des dommages importants aux os soutenant les dents, pouvant nécessiter une intervention chirurgicale.

Certaines populations sont plus susceptibles de développer une maladie parodontale, notamment les personnes ayant une mauvaise hygiène bucco-dentaire, mais aussi celles présentant d’autres facteurs de risque cardiovasculaires tels que l’hypertension artérielle, le surpoids, le diabète ou le tabagisme. La prévalence est également plus élevée chez les hommes, les personnes âgées, les individus ayant une faible activité physique et ceux confrontés à des difficultés socio-économiques, à l’insécurité alimentaire ou à un accès limité aux soins de santé, y compris dentaires.

Bien que la maladie parodontale et l’ASCVD partagent des facteurs de risque communs, des données récentes suggèrent une association indépendante entre les deux. Les mécanismes biologiques potentiels reliant la maladie parodontale à un mauvais pronostic cardiovasculaire incluent à la fois des voies directes, comme la présence de bactéries dans le sang et les infections vasculaires, et des voies indirectes, comme l’inflammation chronique généralisée.

De nombreuses études ont démontré une corrélation entre la maladie parodontale et un risque accru d’infarctus du myocarde, d’accident vasculaire cérébral, de fibrillation auriculaire, d’insuffisance cardiaque, de maladie artérielle périphérique, de maladie rénale chronique et de décès d’origine cardiaque.

Si un lien de causalité direct n’a pas encore été établi, et qu’il n’existe pas de preuve formelle qu’un traitement parodontal puisse prévenir les maladies cardiovasculaires, les experts soulignent que réduire l’inflammation tout au long de la vie semble bénéfique pour diminuer le risque de développer une ASCVD. Le traitement et le contrôle de la maladie parodontale, ainsi que de l’inflammation associée, pourraient donc contribuer à la prévention et à une meilleure prise en charge des maladies cardiovasculaires. Les personnes présentant des facteurs de risque cardiovasculaires devraient envisager des examens dentaires réguliers et des soins parodontaux ciblés pour gérer l’inflammation chronique.

Des recherches antérieures ont révélé qu’un brossage des dents plus fréquent est associé à un risque plus faible d’ASCVD sur une période de 10 ans (13,7 % pour un brossage une fois par jour ou moins, contre 7,35 % pour un brossage trois fois par jour ou plus) et à une diminution des marqueurs inflammatoires.

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