Publié le 30 décembre 2025 à 06h01. Des dizaines de milliers de personnes affluent chaque année à Édimbourg pour célébrer le Hogmanay, une tradition écossaise profondément ancrée dans l’histoire et qui a fait de la capitale un lieu incontournable pour le Nouvel An.
- Édimbourg est depuis longtemps considérée comme le berceau du Hogmanay, en raison d’un contexte historique particulier où la célébration du Nouvel An a pris plus d’importance que celle de Noël.
- Le mouvement de tempérance du XIXe siècle a pu contribuer à faire d’Édimbourg un haut lieu des festivités, en offrant un espace plus libre pour la consommation d’alcool que dans les zones industrielles.
- L’événement génère aujourd’hui des dizaines de millions de livres sterling pour l’économie écossaise grâce au tourisme.
Pendant des siècles, l’Écosse n’a pas célébré officiellement Noël et de nombreux Écossais continuaient de travailler le 25 décembre. Les « vacances de Noël » ont même été interdites en 1640 en raison de l’influence de la Réforme, et n’ont été reconnues comme jour férié qu’en 1958. Cette situation a fait du Hogmanay, le 31 décembre, la principale fête hivernale du pays, avec ses traditions comme le « premier pied » (première personne à franchir le seuil de la maison après minuit).
En tant que capitale, Édimbourg est rapidement devenue le centre névralgique de ces célébrations, en particulier aux XVIIIe et XIXe siècles. La popularité des festivités du Nouvel An a atteint un point tel que les rues de la ville étaient bondées après minuit, témoignant d’un enthousiasme déjà bien établi. Anna Marshall, auteure du Petit Livre de Noël et de Hogmanay, relie cette popularité à une réaction contre le mouvement de tempérance du début du XIXe siècle.
« Il y a une longue histoire de célébrations de Hogmanay au Tron à Édimbourg, aussi loin que l’on puisse se souvenir. Le mouvement de tempérance a gagné du terrain en Écosse dans les années 1830, ce qui signifiait que l’alcool était essentiellement volontairement interdit dans les zones, en particulier dans les zones industrielles. Édimbourg semblait être un endroit où les gens pouvaient boire plus librement et où ils ne craignaient pas d’être vus, ce qui a peut-être contribué à faire d’Édimbourg la maison de Hogmanay. »
Anna Marshall, auteure du Petit Livre de Noël et de Hogmanay
L’historien Eric Melvin souligne qu’une émeute a eu lieu près du Tron lors des célébrations du Nouvel An en 1811, ce qui témoigne déjà de l’importance de ce lieu pour les festivités. Il ajoute que l’horloge du Tron était visible dans toute la ville, ce qui en faisait un point de repère naturel pour les célébrations.
Même si les traditions étaient anciennes, Édimbourg a délibérément cherché à devenir le siège international du Hogmanay en 1993, grâce à une initiative du conseil local. Le festival a rapidement acquis une renommée mondiale, attirant des foules massives et devenant l’une des plus grandes célébrations du Nouvel An au monde. En 1996, il a même été reconnu par le Guinness World Records comme la plus grande fête du Nouvel An.
Aujourd’hui, le festival moderne comprend une grande procession aux flambeaux et une immense fête de rue sur Princes Street, qui attire des dizaines de milliers de participants. Le Hogmanay à Édimbourg génère désormais des dizaines de millions de livres sterling pour l’économie écossaise. En 2018, son impact économique a été estimé à 39,8 millions de livres sterling, grâce aux dépenses des visiteurs en matière d’hébergement, de commerce de détail et d’attractions.
Judith Mair, professeure invitée à l’Université Napier d’Édimbourg, rappelle que le festival de Hogmanay en Écosse remonte à l’époque païenne.
« Certains des rites et rituels associés au Hogmanay sont vieux de plusieurs siècles, et la tradition de célébrer le Nouvel An (sous le nom de Hogmanay) à une plus grande échelle que Noël fait partie de la vie écossaise depuis plusieurs centaines d’années. »
Judith Mair, professeure invitée à l’Université Napier d’Édimbourg
La tradition du « premier pied », où la première personne à franchir le seuil d’une maison après minuit apporte chance et prospérité, reste une coutume importante. Autre tradition, la « saillie », qui consistait à partager un bol d’alcool chaud et épicé en allant de porte en porte, a disparu après des incidents violents survenus en 1812, où des personnes ont été agressées et tuées lors de ces tournées.