Publié le 30 décembre 2025 à 12h50. Le secteur touristique irlandais connaît un ralentissement marqué, avec une baisse attendue de 6 % du nombre de visiteurs en 2025, impactant significativement l’économie nationale.
- Le nombre de touristes devrait s’établir à 6,16 millions en 2025, en recul par rapport à 2024.
- Cette baisse se traduit par une perte estimée à 685 millions d’euros pour l’économie irlandaise.
- Le marché nord-américain reste un point fort, compensant partiellement la diminution des visiteurs européens.
Le tourisme irlandais est confronté à des vents contraires, comme l’indique la Confédération irlandaise de l’industrie touristique (ITIC) dans son bilan annuel. L’accès aérien réduit en provenance d’Europe et du Royaume-Uni, combiné à un coût de la vie élevé en Irlande, freinent l’attrait du pays auprès de certains voyageurs. Selon les données d’Eurostat, l’Irlande est le deuxième pays le plus cher de l’Union européenne (UE), après le Danemark.
Eoghan O’Meara Walsh, PDG de l’ITIC, souligne les défis logistiques liés à la situation géographique de l’Irlande :
« Nous sommes une nation insulaire, on ne peut y accéder que par voie aérienne et maritime. L’accès aérien est plus faible cette année depuis l’Europe et la Grande-Bretagne. »
Eoghan O’Meara Walsh, PDG de l’ITIC
Il ajoute que le coût de la vie élevé
« décourage évidemment un certain segment du marché. »
Eoghan O’Meara Walsh, PDG de l’ITIC
Malgré ces difficultés, le secteur peut compter sur la solidité du marché nord-américain. Le nombre de visiteurs américains et canadiens a augmenté de 4 % et 8 % respectivement, grâce à un taux de change favorable, une bonne connectivité aérienne et des campagnes de marketing ciblées. L’ITIC note que les touristes nord-américains ont tendance à parcourir l’ensemble du territoire, à dépenser davantage et à séjourner plus longtemps en Irlande.
En revanche, d’autres marchés traditionnels sont en baisse. Le nombre de touristes britanniques a diminué de 4 %, tandis que les visiteurs français et allemands ont respectivement reculé de 13 % et 8 %. L’ITIC estime que le secteur touristique contribuera à hauteur de 8,89 milliards d’euros à l’économie nationale en 2025, en tenant compte du tourisme intérieur et des voyages à l’étranger, et qu’il emploiera 225 000 personnes à l’échelle du pays.
Le marché nord-américain représente la part la plus importante de cette contribution, avec une valeur de près de 2 milliards d’euros, suivi par le marché européen continental (1,73 milliard d’euros) et le marché britannique (1,61 milliard d’euros). Les marchés émergents génèrent quant à eux 445 millions d’euros.
L’inflation, qui a augmenté de 6 % par an au cours des trois dernières années dans le secteur touristique, est également un facteur préoccupant. M. O’Meara Walsh l’attribue aux coûts imposés par l’État, notamment en matière de main-d’œuvre, d’assurances et d’énergie.
L’ITIC encourage le gouvernement à maintenir des politiques favorables à la compétitivité, comme la récente décision de réduire le taux de TVA sur les services d’hébergement et de restauration à 9 %, qui entrera en vigueur en juillet.
« Nous devons être très conscients du fait que nous ne serons jamais la destination la moins chère. Nous ne pouvons pas rivaliser avec les destinations les moins chères, mais nous devons toujours offrir un bon rapport qualité-prix, c’est absolument essentiel. »
Eoghan O’Meara Walsh, PDG de l’ITIC
L’ITIC met également en garde contre une dépendance excessive au marché nord-américain, soulignant la vulnérabilité du secteur face aux fluctuations économiques et aux taux de change. Pour atténuer ce risque, l’organisation préconise une stratégie de diversification des marchés, notamment en augmentant les dépenses de marketing en Europe et en Asie et en incitant les compagnies aériennes à ouvrir de nouvelles lignes vers l’Irlande.
Enfin, M. O’Meara Walsh insiste sur la nécessité d’accroître l’offre d’hébergements touristiques et de maîtriser les prix des hôtels, actuellement tirés vers le haut par une demande supérieure à l’offre. Il appelle également à une application rigoureuse des réglementations concernant les locations à court terme.