L’ancienne pilier irlandaise Lindsay Peat révèle les difficultés qu’elle a rencontrées en passant au rugby à l’âge de 35 ans, après une carrière brillante dans d’autres disciplines sportives. Son parcours atypique témoigne de la complexité de la transition pour les athlètes de haut niveau.
Lindsay Peat a connu le succès dans plusieurs sports avant de découvrir le rugby. Elle a porté le maillot de la République d’Irlande des moins de 18 ans en football, a été capitaine de l’équipe nationale féminine de basketball et a joué au football gaélique féminin pour Dublin.
Elle a notamment remporté le championnat All-Ireland avec Dublin en 2010, inscrivant même deux buts lors de la finale de 2014. Pourtant, c’est sur les terrains de rugby qu’elle a connu une ascension fulgurante, intégrant l’équipe nationale irlandaise en quelques mois seulement.
Son premier match international, elle l’a disputé en novembre 2015, entrant en jeu lors d’une défaite 8 à 3 contre l’Angleterre, pour ce qui n’était que son huitième match de rugby. Elle a ensuite participé à toutes les éditions du Tournoi des Six Nations féminin de 2016 à 2021 et a fait partie de l’équipe d’Irlande qui a accueilli la Coupe du Monde féminine de rugby en 2017.
Au total, Lindsay Peat a honoré 38 sélections avant de prendre sa retraite internationale à l’âge de 41 ans. Elle se souvient : « J’ai tellement regretté de ne pas avoir commencé le rugby plus tôt, mais en même temps, j’ai de merveilleux souvenirs avec le basketball et le GAA [football gaélique et hurling]. »
Elle se rappelle également les premiers conseils de son entraîneur, Tom Tierney : « Tom [Tierney] m’a proposé de participer à un stage et c’est après ce premier Tournoi des Six Nations, où je ne savais absolument pas ce que je faisais, qu’il m’a dit : ‘Je t’ai jeté à l’eau là !’ Et je lui ai répondu : ‘Oui, c’est vrai !’ »
Arrivée dans une équipe ayant déjà remporté des Grands Chelems et atteint les demi-finales d’une Coupe du Monde (contre l’Angleterre), Lindsay Peat a trouvé la motivation auprès de ses coéquipières. « J’ai dû faire beaucoup d’erreurs, parfois embarrassantes. C’était difficile, mais elles avaient des exigences et j’ai compris que si je voulais porter ce maillot, je devais être à la hauteur », explique-t-elle.
Aujourd’hui, Lindsay Peat est entraîneuse au Railway Union Rugby Club. Elle s’appuie sur ses propres expériences pour aider les jeunes joueuses à progresser. « J’ai dû faire des erreurs pour apprendre, ce furent des leçons difficiles. Je suis favorable à l’encouragement, mais si nous ne sommes pas honnêtes dans nos retours, comment pouvons-nous développer un état d’esprit de croissance ? »
Elle encourage les joueuses à prendre des risques : « Je dis aux filles : ‘Faites des erreurs, je préfère que vous fassiez une erreur en essayant plutôt que de ne pas en faire parce que vous avez trop peur.’ » Elle observe également une évolution positive dans le sport féminin : « Le jeu féminin, quel que soit le sport, bénéficie d’un encadrement de meilleure qualité et d’une exposition précoce chez les jeunes, ce qui permet aux joueuses de développer des compétences exceptionnelles. »
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