Home Santé“Un régime riche en graisses oblige le foie à lutter pour survivre, augmentant ainsi les tumeurs”

“Un régime riche en graisses oblige le foie à lutter pour survivre, augmentant ainsi les tumeurs”

by Sophie Martin

Publié le 31 décembre 2025 à 00:39:00. Une étude du MIT révèle qu’un régime riche en graisses peut induire un état immature dans les cellules du foie, augmentant ainsi le risque de développement de tumeurs cancéreuses. Les chercheurs ont identifié des mécanismes génétiques clés qui pourraient ouvrir la voie à de nouvelles stratégies de prévention.

  • Un régime riche en graisses modifie les cellules hépatiques, les ramenant à un état proche de celui des cellules souches.
  • Cette régression cellulaire, bien que permettant aux cellules de survivre au stress, favorise l’apparition de mutations cancéreuses.
  • L’étude a identifié des facteurs de transcription génétiques impliqués dans ce processus, offrant des pistes pour des thérapies ciblées.

Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont mis en évidence un mécanisme inquiétant : l’exposition prolongée à un régime riche en graisses provoque une transformation des hépatocytes, les cellules principales du foie. Publiés dans la revue Cell, leurs travaux démontrent que ces cellules, confrontées à un stress chronique, régressent vers un état immature, augmentant leur vulnérabilité au cancer.

Selon l’étude, les hépatocytes matures, en réponse à un apport excessif de graisses, activent des gènes qui leur permettent de survivre dans un environnement hostile. Cependant, ce mécanisme de survie s’accompagne de la désactivation de gènes essentiels à leur fonctionnement normal, notamment ceux codant pour des enzymes métaboliques et des protéines sécrétées. Ce retour en arrière cellulaire rend les cellules plus susceptibles de développer des mutations et de se transformer en cellules cancéreuses.

« Si les cellules hépatiques sont obligées de faire face continuellement à un facteur de stress, comme un régime riche en graisses, elles feront des choses qui les aideront à survivre, mais au prix d’une augmentation du risque de développer des tumeurs »

Alex Shalek, directeur de l’Institut d’ingénierie et des sciences médicales du MIT

Les chercheurs ont mené leurs expériences sur des souris, en les soumettant à un régime riche en graisses et en analysant l’expression génétique de leurs cellules hépatiques à différents stades de la maladie. Ils ont ainsi pu observer une progression vers l’inflammation du foie, puis vers le développement de tumeurs. Ils ont également constaté que la plupart des souris soumises à ce régime ont fini par développer un cancer du foie.

L’équipe du MIT a identifié les gènes responsables de cette régression cellulaire, ouvrant la voie à la recherche de cibles thérapeutiques potentielles. Ils ont également analysé des échantillons de tissu hépatique provenant de patients atteints de maladies du foie, et ont observé un schéma similaire : une diminution de l’expression des gènes essentiels au fonctionnement normal du foie et une augmentation de l’expression des gènes associés à un état immature.

Les chercheurs estiment que ce processus pourrait prendre environ 20 ans chez l’humain, une durée variable en fonction de l’alimentation et d’autres facteurs de risque tels que la consommation d’alcool ou les infections virales. Ils envisagent désormais d’étudier si les changements induits par un régime riche en graisses peuvent être inversés en adoptant une alimentation plus saine ou en utilisant des médicaments pour perdre du poids, comme les agonistes du GLP-1.

Il est déjà établi qu’un régime riche en graisses peut provoquer une inflammation et une accumulation de graisse dans le foie, une condition connue sous le nom de maladie hépatique stéatosique (ou foie gras). Cette maladie peut évoluer vers une cirrhose, une insuffisance hépatique et, à terme, un cancer.

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