Publié le 1er janvier 2026 à 09h17. L’Iran renforce sa présence en Amérique latine, ciblant particulièrement la Bolivie pour ses ressources en gaz naturel et en terres rares, une stratégie perçue par Washington comme un défi à son influence régionale.
- L’Iran et la Bolivie négocient des accords de coopération dans les domaines de l’énergie, de la défense et de l’exploitation des terres rares.
- Les États-Unis s’inquiètent de cette alliance, craignant un déplacement de l’influence américaine dans la région.
- La Bolivie possède d’importantes réserves de gaz naturel et de terres rares, des minéraux stratégiques pour les technologies de pointe.
L’Iran intensifie sa diplomatie et ses investissements en Amérique latine, dans un contexte de tensions persistantes avec les États-Unis liées à son programme nucléaire et aux sanctions économiques. Cette stratégie vise à diversifier les alliances de Téhéran et à étendre son influence au-delà du Moyen-Orient, selon le Conseil des Amériques. L’augmentation de la coopération iranienne avec certains pays sud-américains a suscité des alertes dans les cercles de la sécurité et de la politique étrangère américaine, qui y voient une tentative de contester l’hégémonie américaine dans l’hémisphère occidental.
La Bolivie est au cœur de cette nouvelle dynamique. Le pays sud-américain attire l’attention de l’Iran en raison de ses vastes réserves de gaz naturel, une source essentielle de revenus et d’énergie, et de ses gisements importants de terres rares. Ces minéraux, cruciaux pour la fabrication de batteries, de véhicules électriques et d’équipements de télécommunications, sont devenus un enjeu majeur dans la compétition mondiale pour le contrôle des chaînes d’approvisionnement. Selon des rapports de négociations entre les deux gouvernements, l’Iran cherche à établir une coopération approfondie avec La Paz dans ce domaine.
Plusieurs accords et discussions sont en cours pour formaliser un partenariat stratégique entre l’Iran et la Bolivie. Parmi les principaux points abordés figurent : la coopération dans l’exploration et la production de pétrole et de gaz naturel, le développement de projets pétrochimiques et de raffinage d’hydrocarbures, des accords de sécurité et de défense (notamment concernant les drones de reconnaissance et la formation militaire, bien que les détails restent confidentiels), et des négociations pour l’exploration et l’exploitation des terres rares, incluant la recherche scientifique conjointe, l’assistance technique et d’éventuels investissements iraniens.
L’exploitation des terres rares est un élément clé de la stratégie bolivienne, qui vise à industrialiser ses ressources plutôt que de simplement les exporter à bas prix. L’Iran propose de participer à ces projets à travers des accords de coopération technique, scientifique et d’investissement, notamment dans les gisements identifiés dans les régions de Palca et Cerro Manomó, riches en néodyme et en lanthane, des minéraux essentiels pour les industries de haute technologie.
Cette alliance place la Bolivie dans une position géopolitique délicate. Les États-Unis, qui dépendent actuellement largement des importations étrangères pour ces matériaux essentiels et cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement, considèrent les terres rares comme un élément stratégique crucial. La présence iranienne dans ce secteur a donc suscité des inquiétudes à Washington, qui redoute un affaiblissement de son influence dans la région. Selon RadioFreeEurope, des observateurs régionaux et des experts en sécurité soulignent que le développement de projets miniers et énergétiques avec la participation iranienne pourrait avoir des répercussions non seulement sur l’économie bolivienne, mais aussi sur la géopolitique de l’ensemble de l’hémisphère, exacerbant les tensions avec les États-Unis et remettant en question les alliances traditionnelles en Amérique latine.
La Bolivie, sous la direction d’un gouvernement souhaitant une politique étrangère plus indépendante des États-Unis, cherche également à rétablir ses relations avec des alliés comme le Venezuela et l’Iran. Ce contexte renforce les préoccupations américaines quant à un possible réalignement des forces dans la région.
Pour aller plus loin
- US embassies issue alerts after Trump vows to hit Iran ‘hard
- EN DIRECT, guerre au Moyen-Orient : Donald Trump assure retenir des frappes contre l’Iran à la
- Donald Trump annule des frappes contre l’Iran sous condition d’un accord rapide (nouvelles-du-monde.com)
- L’Iran serait à l’origine d’une cyberattaque contre des réseaux d’alimentation en eau dans l'État américain du Minnesota (lederniereheure.com)
